Elections prud’homales : le vote électronique trébuche sur Firefox

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L’expérimentation du vote électronique surveillée de près par les syndicats et les organisateurs du scrutin a rencontré quelques bugs avec le navigateur de Mozilla.

Vote électronique et Firefox ne font pas bon ménage. Depuis mercredi dernier et jusqu’au 26 novembre les salariés parisiens peuvent voter en ligne aux élections prud’homales mais attention au navigateur Web choisi. La dernière version de Firefox (3.0) « ne permet pas de voter par Internet. En effet, celle-ci ne garantit pas, pour les élections prud’homales, la confidentialité des informations qui doit être assurée sur un site Internet sécurisée », est-il précisé lorsqu’un internaute tente de voter avec Firefox 3.0.

Un sujet que Tristan Nitot, fondateur et président de Mozilla Europe, ne se prive pas de commenter sur son blog. « Entre nous, moi aussi j’ai bondi ! », écrit-il, affirmant ensuite avoir joint par téléphone le chef de projet de Thalès, le prestataire sur la mise en place de ce vote électronique, pour comprendre. Il regrette que Thalès, « n’ait pas pris le temps de nous faire remonter l’info ».

Pourtant, dans les commentaires publiés à la suite de ce message, un internaute explique que « le bug de FF3 est connu depuis 5 mois » et le prouve en fournissant un lien vers un rapport (n°441751) sur Bugzilla, le système de suivi des erreurs informatiques créé par Mozilla, qui signale un dysfonctionnement au niveau du cache de la page. Il serait, en effet, possible de voir apparaître les informations entrer par un internaute dans une page Web en effectuant un simple retour en arrière.

Un bug signalé depuis cinq mois

Cela peut effectivement se révéler problématique dans le cadre d’un vote à bulletin secret. Tristan Nitot répond : « Effectivement, le rapport #441751 est celui que je soupçonne de causer la réticence (justifiée dans le cas où l’on partage son poste) des Prud’hommes, mais j’attends confirmation de leur part ».

Même navigateur, autre problème. Dès jeudi dernier, la Confédération générale du travail (CGT) recevait des appels d’électeurs ayant remarqué un bug au moment du choix du bulletin : celui de la CGT n’apparaissait pas dans la fenêtre des navigateurs Firefox (versions antérieures à 3.0).

« En fait, les six autres bulletins étaient visibles mais pas celui de la CGT et d’ailleurs le bouton pour valider le vote était également caché. Il fallait éventuellement effectuer des modification dans les paramètres pour diminuer la taille des caractères et faire en sorte que tout soit lisible », explique Daniel Sanchez, secrétaire CGT responsable de la campagne des prud’hommes.

Le syndicat avait alors demandé l’intervention de la Cnil (Commission nationale informatique et liberté) pour résoudre ce problème. Le ministère du Travail, qui organise ces élections a réparé l’erreur dans la nuit de vendredi à samedi mais ces dysfonctionnements vont peser dans la balance lorsqu’il faudra décider de poursuivre et d’étendre le dispositif du vote électronique à d’autres bureaux de vote.

Des problèmes techniques qui influeront sur la décision de poursuivre l’expérience

La Commission technique composée de représentants de chacune des organisations syndicales et du ministère du Travail ainsi que d’un magistrat est chargée de vérifier le bon déroulement de cette première expérimentation. Elle se réunira vendredi 28 novembre pour officialiser les erreurs rencontrées et rendre son bilan.

A la CGT, qui était très réservée sur le vote électronique, on attend de voir ce qu’il ressortira de cette réunion : problèmes de confidentialité, l’impact sur le taux de participation, la fiabilité du système, etc. « Nous effectuerons notre propre expertise technique pour vérifier que les arguments des sociétés qui ont mis en place le dispositif sont fondés », assure Daniel Sanchez. Pour mémoire, Thalès a pris en charge l’intégration du dispositif de vote électronique de son partenaire Election Europe.