Elysée 2017: ce big data poussif pour départager les candidats

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Filteris doit s’expliquer après les évaluations big data fournies lors du premier tour à la présidentielle qui manquaient de précisions. D’autres initiatives big data émergent…

Malgré la pluie de critiques qui s’est abattue sur elle pour le premier tour de l’élection présidentielle, la société Filteris va continuer de couvrir le « poids numérique des deux derniers candidats en lice  » (Emmanuel Macron – Marine Le Pen).

Les tendances seront analysées à travers l’outil BuzzPol sur l’e-réputation des hommes politiques, monté en partenariat avec EuroMédiations (« cabinet de conseils en lobbying »).

Spécialiste en audit et stratégies numériques et qui s’auto-proclame « neutre et apolitique », Filteris a fait beaucoup parlé d’elle en fournissant des évaluations sur des « indicateurs de poids numérique dans un cadre spécifique, particulièrement propice aux analyses big data« .

Dans un communiqué en date du 24 avril (juste après le premier tour de l’élection présidentielle en France), Filteris a battu sa coulpe en regrettant « n’avoir pas atteint le degré de précisions qu’elle escomptait ».

Tout en ré-affirmant son positionnement d’analyste big data « dans une perspective scientifique » (sans disposer de statut d’institut de sondages),  elle considère que le big data permet juste de « détecter des tendances » mais qu’il faut affiner l’approche « en tenant compte de différents éléments de contexte (bots, fake news…), sociologiques et médiatiques ».

« Les sondeurs ont eu leur revanche. Bravo, c’est mérité. Mais les métodes de collecte et d’analyse alternatives et l’intelligence artificielle se peaufinent », évoque Jérôme Coutard, un Français qui vit au Canada et qui préside Filteris, interrogé par Les Echos pour une enquête sur le match opposant instituts de sondage et les acteurs big data.

Nécessaire prise de recul

La tendance à la  surévaluation de la côte numérique de candidats comme François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon a servi d’outils de propagande pour les équipes de campagne concernés et leurs partisans.

Ainsi, début mars, le magazine Marianne relève cette assertion de Bruno Retailleau, coordinateur de la campagne du candidat Les Républicains, interrogé sur RMC : « Nous avons des sondages qui sont faits avec ce qu’on appelle le big data et qui placent François Fillon en numéro 2. »

Avec l’élection présidentielle menée tambour battant, Filteris a voulu surfer sur le succès auto-proclamé obtenu lors de la Primaire de la droite et du centre organisé en fin d’année dernière. « Seuls à prédire, dès le 12 octobre la qualification de François Fillon au second tour alors que les sondeurs ne le voyaient qu’en quatrième homme. »

Il existe d’autres raisons de prendre du recul avec les mesures Filteris. Une enquête LCP – Assemblée nationale datée du 30 mars 2017 révèle que l’un des actionnaires historiques est un ami de vingt ans de Pierre Fillon (frère du candidat LR François Fillon).

Selon Les Echos, il existe d’autres sociétés similaires à Filteris à suivre dans la vague big data associée aux tendances de l’opinion publique : Vigiglobe (France), Brand Analytics (France, adulée par les sites médias pro-russes RT.com ou Sputnik), Predict My President (une équipe de data scientists issus de Telecom Paris Tech).

Autre outil dont il faut suivre l’évolution : l’application GOV se présente comme la « météo des opinions ».

Lancée en 2014 par Bobby Demri et Pierre-Alexandre Teulié, elle permet de poser des questions à des milliers d’internautes pour recueillir leur opinion sur des questions d’actualité. Utile pour jauger la popularité des hommes politiques en vogue.

Autant d’outils qui imposent un peu recul, comme les enquêtes fournies par les instituts de sondages qui se contentent de palper « l’opinion publique » à un instant T alors qu’elle se montre résolument versatile.

(Crédit photo : Filteris)

 


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