EMC poursuit son offensive

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Six mois après avoir lancé une ligne de baies de stockage mettant en oeuvre une nouvelle architecture, EMC la complète d’un modèle haut de gamme et rattrape ainsi son retard sur ses concurrents. Son offre de logiciels de stockage fait également l’objet de toute son attention.

Mis à mal depuis 2001 par Hitachi et IBM, le désormais numéro 3 du stockage, EMC, poursuit ses efforts pour tenter d’arrêter l’érosion de ses parts de marché. Sa ligne de baies de stockage, Symmetrix DMX, lancée en février, se voit en effet complétée aujourd’hui d’un modèle haut de gamme, le DMX3000. Ce dernier offre une capacité double de celle du modèle précèdent, le DMX2000. Le DMX3000 est ainsi capable d’accueillir de 192 à 576 disques durs, ce qui représente une capacité maximale de 84 To. Originalité : le DMX3000 intègre nativement iSCSI, technologie de stockage en réseau sur IP, récemment standardisée par l’IETF (voir édition du 13 février 2003). EMC est le premier constructeur à intégrer iSCSI sur ses équipements de stockage haut de gamme. Technologie moins coûteuse que sa concurrente, Fibre Channel, iSCSI est en effet censée répondre aux besoins des entreprises du midmarket plutôt qu’à ceux des grands comptes. Parallèlement au lancement du DMX3000, EMC annonce une baisse de 30 % sur le prix du modèle d’entrée de la ligne Symmetrix DMX, le DMX800. Mais EMC innove également au niveau de son offre logicielle : son environnement d’exploitation Enginuity a été enrichi de fonctionnalités dites non disruptives, c’est-à-dire offrant aux utilisateurs la possibilité de mettre à jour, reconfigurer et maintenir leurs ressources de stockage sans interrompre les applications exécutées sur les serveurs. Enfin, EMC lance deux nouveaux logiciels de réplication – SRDF/A et EMC Snap ? qui permettent d’effectuer, à une distance de l’ordre de plusieurs milliers de kilomètres, des copies de données asynchrones.

La virtualisation en ligne de mireRappelons que les baies de stockage de la ligne Symmetrix DMX reposent sur une architecture dite matricielle d’interconnexion point à point, laquelle remplace la classique technologie de bus partagé du constructeur, vieille de treize ans. Cette rupture technologique a permis aux produits d’EMC de faire un bond en avant en termes de performance et ainsi de mieux supporter la comparaison avec ceux de ses concurrents. Rappelons enfin que l’activité d’EMC est en pleine mutation. S’il est essentiellement connu en tant que constructeur d’équipements de stockage, domaine dans lequel il réalise 80 % de son chiffre d’affaires, son ambition pour l’avenir est de se renforcer dans les logiciels de stockage. A cette fin, il a annoncé récemment le rachat de Legato Systems (voir édition du 8 juillet 2003). C’est effectivement un marché promis à une plus forte croissance que celui des équipements de stockage. Des besoins nouveaux se font sentir dans les entreprises afin de rendre plus aisée et moins coûteuse l’administration des centres de données. C’est un des objectifs poursuivis notamment par la virtualisation des ressources matérielles. Elle consiste à donner une représentation logique de l’infrastructure de stockage, distincte de la réalité physique, laquelle est souvent hétérogène. Cet ajout d’une couche d’abstraction permet de voir l’ensemble comme un unique environnement technique, du coup plus facile à gérer. Bien sûr tous les concurrents d’EMC se positionnent sur ce créneau : IBM, Hitachi ou encore Sun Microsystems dans le cadre de la stratégie N1 (voir édition du 10 février 2003).


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