En un an, le chiffre d’affaires de la musique en ligne a triplé en France

Mobilité

Selon le dernier bilan trimestriel du SNEP, l’essor de la musique numérique ne compense pas les pertes liées à la distribution physique.

Le marché de la musique en France commence mal l’année. Avec 25 millions d’unités vendues, le volume de disques audio a chuté de 14 % au cours du premier trimestre 2006 par rapport aux 29 millions d’unités distribuées à la même période un an plus tôt, selon les chiffres fournis au début du mois par le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). Le chiffre d’affaires suit la même courbe descendante avec un résultat total de 277 millions d’euros contre 313 millions en 2005 (339 millions en 2004). Soit une différence de 36 millions d’euros (- 11,5 %) d’une année à l’autre.

La nette diminution des ventes physiques de musique (- 12,8 % pour 271 millions d’euros) est cependant partiellement compensée par la progression des ventes numériques. Alors que 21,5 millions de disques (albums et singles confondus) ont été distribués par les détaillants, près de 3,6 millions de titres ont été téléchargés à partir de plates-formes légales de musique en ligne. Soit une part de 14,3 % de l’ensemble des ventes de disques (et 85,7 % pour la vente en magasin).

Le CA généré par les téléchargements a triplé

La musique numériquement distribuée représente désormais un chiffre d’affaires de 6,1 millions d’euros. Un résultat qui a triplé en un an (2 millions d’euros entre janvier et mars 2005). Mais, au final, en termes de distribution, la musique numérique ne représente que 2,2 % en valeur. Si le marché de la musique en ligne confirme son évolution positive, il n’en reste pas moins une goutte d’eau dans l’ensemble des revenus de l’industrie du disque en France.

La croissance du commerce numérique de musique est donc loin de compenser les pertes issues des canaux physiques de distribution. Ce résultat est d’autant plus troublant que les téléchargements prennent une part significative dans l’activité de la musique enregistrée. Sur la totalité des 19,8 millions d’albums vendus au cours des trois premiers mois de l’année, 2,8 millions ont été acquis par téléchargement. Soit 14 % des ventes. Lesquelles n’ont générés que 2,8 millions d’euros de valeur (1 %) contre 253 millions d’euros (99 %) pour les ventes physiques.

Près de 800 000 titres numérisés

L’inadéquation se confirme avec les singles. La part des titres téléchargés représente 42 % (3,3 millions de titres) des ventes totales (7,8 millions) pour “seulement” 16 % du chiffre d’affaires (3,3 millions d’euros sur un total de 21,8 millions). En apparence, la vente numérique de musique s’avère donc moins rentable que la distribution physique. Le phénomène risque de se poursuivre. Notamment depuis qu’Apple a fait plier quatre majors du disque (Universal Music, Warner, Sony-BMG et EMI) sur le prix des titres distribués en téléchargement. Proposés à moins de 1 dollar, ce tarif n’a pas varié depuis l’ouverture de l’iTunes Music Store en 2003.

Malgré la fragilité apparente du modèle économique de la musique achetée en ligne, la numérisation des catalogues se poursuit en France. Selon le syndicat des producteurs de musique en France, 765 000 titres étaient délivrés aux plates-formes de distribution à fin mars 2006. Soit 2,5 fois plus de titres numérisés qu’en novembre 2005. Et “la quasi-totalité des nouveautés classées parmi les meilleures ventes sont maintenant disponibles en téléchargement”, souligne le SNEP.


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