Epson met au point le papier électronique le plus fin au monde

Mobilité

Le constructeur japonais a présenté des applications concrètes de papier
électronique qu’il prétend pouvoir mettre en oeuvre aujourd’hui.

A l’occasion du premier forum « Epson Exceeding in Culture » qui s’est déroulé à Berlin fin février 2007, Epson a présenté une nouvelle technologie de papier électronique.

Certes, l’idée de substituer l’impression classique sur papier par des microparticules qui, animées par un champ électrique, viendraient se positionner sur un support souple à base de polymères n’est pas nouvelle. Les sociétés E-Ink, Sony ou Tim, une filiale de Télécom Italia, ont déjà présenté des prototypes à base de papier électronique et notamment des livres éponymes. Sans succès apparent à ce jour. Epson de son côté tente de se distinguer des précédente expériences sur plusieurs points-clés.

« Nous avons mis au point le papier électronique le plus fin qui soit « , avance Xavier Caro, chef produit business chez Epson France, « notre produit est quasiment aussi fin qu’une feuille de papier ». Et sans aller jusqu’à pouvoir froisser le support, « on peut vraiment parler de feuille réellement flexible ». Autre point de distinction, la qualité de la résolution. Au format QXGA, soit 1536 x 2048 pixels, Epson atteindrait la plus haute résolution en matière de papier électronique.

Enfin, la feuille électronique consomme « à peu près rien ». La puissance maximale requise n’est que de 6 Volt, précise la filiale du groupe Seiko. En ces temps d’optimisation des ressources énergétiques, voici un bon point pour la technologie. D’autant que la feuille électronique ne requiert aucun rétroéclairage, ce qui procure un confort de lisibilité proche de celui atteint avec le papier.

Des feuilles électroniques au format A6

Aujourd’hui, plus connu pour ses imprimantes et scanners, Epson est capable de produire des feuilles électroniques au format A6 (10,5 x 14,8 cm). Pour ce faire, le constructeur tire parti de sa technologie d’impression. « Nous imprimons des microcircuits de l’épaisseur d’une feuille grâce à nos têtes d’impression des imprimantes jet d’encre », explique Xavier Caro. Et de rappeler que « Epson est le seul constructeur dont les têtes d’impression n’exploite pas la chaleur, ce qui permet d’imprimer de l’encre mais aussi de la céramique, du fer, etc. ».

Fort de cette maîtrise technologique, Epson a présenté quatre applications concrètes, principalement. Un système de guidage pour les musées. « Il suffira de s’approcher d’une oeuvre artistique pour voir s’afficher sur la feuille électronique les informations la concernant « , évoque le porte-parole du groupe japonais. Une puce RFID (identification par radio fréquence) implémentée dans la feuille permet en effet de recevoir les informations émises par un émetteur de proximité. De manière similaire, la feuille trouve également des applications dans le cadre touristique, à l’échelle d’une ville par exemple.

« Ces deux applications sont concrètes, elles peuvent être mise en oeuvre aujourd’hui », confie Xavier Caro. D’ailleurs, des représentants de municipalités et de musées participant au forum d’Epson se sont dits très impressionnés par l’application, selon le responsable produits.

Une montre en papier électronique

Dans la même veine, l’idée de pouvoir lire son journal qui viendrait se charger quotidiennement sur la feuille électronique fait son chemin. Pour le moment, la taille limitée du papier électronique freine le projet. Mais les chercheurs d’Epson pensent pouvoir concrétiser l’application pour 2010. Fini le journal qu’on jette après lecture. Autant de gagné pour le respect de l’environnement. « A titre personnel, j’y crois énormément », confie Xavier Caro. Enfin, Epson a mis au point une montre en papier électronique qu’il commercialisera dans le cadre d’une série limitée grand luxe. Epson n’est pas une filiale du groupe d’horlogerie Seiko pour rien.

Papier peint mural, panneaux publicitaires, livres électroniques, vêtements… les applications de la feuille électroniques sont nombreuses. Mais des progrès restent à accomplir. Au delà de la problématique de la taille du support, la maîtrise de la couleur et des images animées sont les principaux développements à entreprendre. « C’est beaucoup plus complexe à maîtriser, cela nécessitera encore quelques années de développement », avance Xavier Caro. Si le papier électronique a un énorme potentiel d’applications, il restera à trouver les acteurs prêts à l’exploiter. Et bien que cette nouvelle technologie arrive à maturité, les mentalités devront évoluer avant de se prêter au jeu de ces nouveaux usages…