Etape 2 : Le choix quasi imposé du modem ADSL

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Pouvoir être raccordé à l’ADSL, c’est bien. Savoir quel modem il faut choisir, c’est mieux. La compatibilité a encore ses limites, attention de ne pas acheter son modem à l’aveuglette !

Et hop ! Je peux être raccordé à l’ADSL, France Télécom a activé ma ligne. Je branche mon modem USB et le tour est joué. Non, non, non ce serait trop beau. France Télécom installe en effet actuellement deux types de DSLAM (digital subscriber line access multiplexer) dans ses centraux téléphoniques, des modèles soit Alcatel, soit ECI. Ce sont ces merveilleuses machines qui permettent l’accès à l’ADSL. Or les deux marques, Alcatel et ECI, ne possèdent pas les mêmes caractéristiques. Il faut choisir le modem en fonction du DSLAM. Aujourd’hui pour un DSLAM Alcatel, il faut un modem Alcatel, même chose avec ECI. Pas grave, il suffit de savoir sur lequel vous êtes connecté. Et pour cela il faut s’adresser à France Télécom.

“Nous avons parfois de mauvaises surprises,” regrette Bertrand Durteste,“les informations de France Télécom sont parfois erronées” explique le directeur technique de Mangoosta. Depuis quelques semaines, le premier FAI à avoir proposé un forfait ADSL sans que le client entende parler de France Télécom, équipe ses clients en modem USB d’Alcatel (les Manta). “L’ennui est qu’ils sont incompatibles avec les DSLAM ECI et qu’il n’existe pas de modem ECI en USB” explique-t-il. “Or France Telecom nous impose de n’utiliser que du matériel Alcatel ou ECI, nous n’avons pas le choix et donc tout le monde ne peut pas avoir de modem USB.” Mangoosta envoie toujours systématiquement des techniciens installer les modems chez ses clients. Inconvénient : l’intervention est facturée 500 francs. “Mais tant que nous n’atteindrons pas 95% d’installation sans problème, nous continuerons ainsi. Pas question de laisser les clients se débrouiller tout seuls,” assure-t-il.

BeWan de son côté commercialise une carte ADSL PCI. Avec celle-ci, plus besoin de carte ethernet. “Notre principal souci est lié à l’interopérabilité,” explique Eric Teissandier. Le président et directeur commercial de la société poursuit :“les technologies vont plus vite que les normes en vigueur. Nous regrettons vivement que France Télécom n’ait pas mis en place un système d’agrément clair et défini.” Contrairement au modem RTC, il n’existe en effet aucune homologation officielle. “Pour autant il n’existe pas d’interdiction de vendre les produits.” Même discours chez Olitec, qui mettra bientôt sur le marché de nouveaux produits ADSL : fin décembre une carte à la fois ADSL et V90 (la norme “classique” des modems RTC) à 1 490 francs ; puis ensuite un modem USB ADSL à 1 690 francs et un autre à la fois ADSL et V90 à 1 990 francs. “Le principal avantage de pouvoir se connecter en V90, c’est quand l’ADSL ne fonctionne pas” admet-on chez Olitec, preuve que l’ADSL ce n’est pas si évident, même le V90 permet d’utiliser aussi le fax ou le minitel. Olitec assure que ses produits sont compatibles à la fois avec les DSLAM d’ECI et ceux d’Alcatel. Mais pour autant “rien n’est défini” se plaint Bruno Balaud, “il n’existe aucune notion d’homologation, chacun vérifie son matériel dans son coin” explique l’ingénieur au laboratoire d’étude Olitec.

Bilan : réfléchissez deux fois avant d’acheter votre modem et demander conseil à votre fournisseur d’accès.


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