Etape 3 : l’ADSL qualité filtre ?

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Pour profiter des joies du haut débit ADSL, il faut installer un filtre sur la prise téléphonique pour démarier les appels vocaux des connexions Internet. Des solutions permettent de le faire soi-même, sans faire venir un technicien chez soi. Mais elles ne sont pas encore parfaites.

C’est le miracle de l’ADSL. Alors que l’on croyait les câbles téléphoniques limités au 56 K des derniers modems à la norme V90, les labos de recherche ont trouvé le moyen, en jouant sur les fréquences des porteuses, de transférer des données à plusieurs Mbits/s sur la même paire de cuivre. A une condition tout de même, l’installation d’un filtre sur la prise téléphonique pour dissocier les conversations vocales des flux de données ADSL. On retrouve d’ailleurs le même filtre au niveau du central téléphonique. C’était l’une des raisons qui obligeaient à la venue d’un installateur ADSL chez l’abonné. La pose du filtre nécessitait en effet le démontage partiel de la prise téléphonique sur laquelle on voulait brancher son modem ADSL.

Un filtre externe, avec ses limites

Aujourd’hui, fini l’installateur. On peut poser soi-même un filtre externe sous forme d’une prise “gigogne” ou, mieux, disposer d’un modem avec filtre intégré. Seulement, il y a un hic. Pour l’instant, ces filtres externes ne fonctionnent qu’à la condition que l’on n’ait pas plus de 3 prises téléphoniques utilisées sur la même ligne. “Pour plus de sûreté, nous nous sommes même fixé une limite de deux prises occupées chez l’abonné”, indique Mangoosta, qui utilise ce genre de filtre externe depuis une quinzaine de jours. Mais toujours avec un technicien. Car en fait, ce n’est pas si simple. Malgré tous les efforts de normalisation de France Télécom, il arrive que les branchements à l’intérieur des prises ne soient pas standard. Résultat, le filtre peut ne pas fonctionner, même si l’abonné ne dispose que d’une seule prise téléphonique chez lui. Une mauvaise surprise alors qu’il vient de passer les deux premières étapes du parcours du combattant…

Il existe une autre norme de connexion ADSL, appelée G-Lite, utilisée aux Etats-Unis. Principal intérêt, cette norme est dite “splitterless”, c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire d’installer un filtre chez l’abonné. Il est toujours nécessaire, en revanche, sur le central téléphonique, mais ça, c’est l’affaire de l’opérateur. Un des inconvénients du G-Lite est son moins grand potentiel. Son débit maximum est de 1,5 Mbits/s (contre 8 Mbits/s au maximum pour l’ADSL), ce qui n’est pas vraiment un problème aujourd’hui vu que toutes les offres ADSL proposent du 512 Kbits/s chez l’abonné. En revanche, un problème d’impédance qui peut provoquer des bruits gênants dans le combiné. Une gêne que l’on peut aussi retrouver, semble-t-il, avec les modems à filtre intégré…

Même le filtre “traditionnel” peut causer quelques désagréments, ainsi que nous l’apprend le “dossier d’information ADSL sur le service Netissimo” (dont la version du 13/09/2000 est disponible au format PDF) : “Du fait de l’installation de ce filtre, certains services fonctionnant en supravocal peuvent être perturbés ou devenir impossibles (certains systèmes d’alarme ou surveillance, télétaxation etc.) ; il n’est pas possible de garantir le con fonctionnement d’équipements qui seraient raccordés en amont du filtre par l’utilisateur et d’ailleurs, l’installation d’équipements en amont du filtre pouvant perturber les transmissions ADSL, il ne faut pas le faire”.

Bilan : un filtre classique installé par un technicien professionnel, ce n’est peut-être pas si pénible que çà, s’il peut rassurer sur la qualité de l’installation. Reste l’allègement du porte-monnaie de quelques centaines de francs…


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