Explosion du marché de la photo numérique en 2003

Mobilité

Avec une augmentation des ventes de 145 % en 2003, le marché français de l’appareil photo numérique se montre particulièrement dynamique.

Les Français aiment la photo, et particulièrement la photo numérique. Alors que la progression moyenne des ventes d’appareils photo numériques dans le monde a atteint 64 % en 2003, le marché français explose avec une envolée de 145 %, selon l’API (Association pour la Promotion de l’Image). Précisément, il s’est vendu 2,7 millions de boîtiers numériques dans l’Hexagone, soit plus de la moitié des 5 millions d’appareils photo à capteur CCD vendus en France depuis 1999. “Les premiers appareils numériques sont apparus en 1996”, précise Gérard Berg, secrétaire général du Sipec (le syndicat des entreprises de commerce international de matériel photo et cinéma-vidéo) et membre de l’API, “mais avant 1999, année de départ d’une certaine maturité des produits numériques, les ventes n’étaient pas significatives”.

L’ère de l’équipement de masse

2003 est donc “une année exceptionnelle”, estime Gérard Berg. “Jusqu’en 2002, les appareils photo numériques étaient consommés par les défricheurs, les technophiles et par une certaine classe élevée socialement. En 2003, nous sommes entrés dans l’équipement de masse.” Le prix, en baisse d’environ 20 à 25 % (autour de 400 euros en moyenne), explique en partie l’engouement des consommateurs. Mais la simplification d’utilisation des boîtiers et, surtout, le développement des services et usages ont également facilité le développement de ce marché de masse : visionnage des images sur la télévision, impression directe sur une imprimante autonome (l’investissement dans un ordinateur constitue un frein à l’achat dans nombre de cas), tirages en ligne, etc.

Et ce n’est pas fini. Kodak prévoit notamment d’installer chez les commerçants, dès mai 2004, des bornes autonomes qui permettront d’obtenir sa photo en 10 x 15 cm en moins de 6 secondes. Conséquence : les prévisions tablent sur 4 à 5 millions d’appareils numériques commercialisés en 2004. Selon l’API, 7 % des foyers français s’adressent à un laboratoire pour le tirage de leurs photos numériques tandis que 23 % d’entre eux déclarent imprimer certaines de leurs photos eux-mêmes.

L’argentique en net recul mais toujours présent

Rien ne semble résister au marché du numérique, même si on est encore loin des 20 millions d’appareils photo argentiques encore utilisés en France. Mais le marché de l’argentique est en net recul : les ventes de boîtiers 24×36 (format 135) et APS accusent respectivement une baisse de 12,1 % et 16 %. “On ne peut pourtant pas parler de défiance des Français vis-à-vis de l’argentique puisque 82 % des foyers équipés en numérique utilisent toujours un moyen de prise de vue utilisant un film photo”, précise le communiqué. Seuls les “Prêts à photographier” (PAP ou appareils jetables) font de la résistance avec 24,7 millions de vente (+ 7,3 %). Mais le marché du PAP pourrait bien connaître une sérieuse concurrence avec l’arrivée des téléphones mobiles dotés de capteurs à 1 mégapixel (des versions 3 mégapixels débarqueront au Japon avant la fin de l’année). De nouveaux produits qui ne devraient pas nuire aux “vrais” appareils photo numériques. “Il faut faire la part des choses entre l’image et la photographie”, estime Gérard Berg, “on utilisera toujours un appareil photo numérique pour réaliser des photos de qualité.” Il est vrai qu’il n’est encore venu à personne l’idée de téléphoner avec son boîtier numérique.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur