Extensions Internet : Starting Dot lève 1,5 million d’euros

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Starting Dot affiche ses ambitions dans la gestion des nouvelles extensions (gTLD) en lien avec la libéralisation organisée par l’ICANN. La jeune pousse française veut aussi gérer le “.fr”.

Starting Dot veut surfer sur la vague de la libéralisation des domaines de premier niveau (gTLD ou generic top-level domains), supervisée par l’ICANN.

La start-up française a annoncé une levée de fonds de 1,5 million d’euros pour assurer son développement (technique, juridique et commerciale).

Les fonds Alven Capital, 123 Venture et “un groupe d’entrepreneurs français et allemands” y ont participé.

Mais les fondateurs de la société – en fait deux pionniers du Net français (voir encadré) – gardent la majorité du capital.

L’augmentation de capital s’est déroulée en deux temps (entre décembre 2011 et février 2012).

La plate-forme de Starting Dot pour gérer les nouvelles extensions devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année.

Sachant que la start-up délègue le volet technologique à la société allemande KSregistry.

Cette filiale du groupe Key Drive SA (spécialiste du nommage Internet) dispose du statut de registre (registry) pour la gestion des extensions de noms de domaine.

En l’état actuel, Starting Dot a pris position sur cinq domaines génériques  :
– “.archi” (partenariat exclusif avec l’Union internationale des architectes);
–  “.immo” (soutenu par 26 organisations de l’immobilier en France et en Europe);
– “.ski” (soutenu par le Conseil général de Savoie, la station de ski de Tignes située dans ce département et l’association professionnel Domaines skiables de France);
– “.bio”;
– “.design”

Starting Dot monte des projets de candidatures pour la gestion de ces extensions auprès de l’ICANN.

Sur nos cinq noms, nous n’avons pas de connaissance officielle sur d’éventuels concurrents”, explique Guillaume Buffet, contacté par téléphone. “Mais nous nous sommes protégés en formant des candidatures communautaires.”

Un critère de choix qui serait primordial aux yeux de l’ICANN.

Prenons le cas du “.archi” censé défendre les intérêts de 1,3 million d’architectes dans le monde.

“Seuls les architectes diplômés et reconnus par un ordre national auront accès à un nom de domaine dans l’extension .archi.”

Mais il y a des problèmes d’organisation au niveau de l’ICANN, qui n’a pas tenu les délais initiaux d’examen des dossiers.

Il y a eu de gros soucis de sécurité sur la plate-forme de l’ICANN. Elle a été fermée du 12 au 22 mai, et est donc rouverte depuis ce matin, pour cinq jours”, explique Guillaume Buffet, qui a pris les  fonctions de directeur général de Starting Dot.

“L’ICANN annoncera les candidatures mi-juin, et les résultats en automne.

Une libéralisation des gTLD qui s’annonce laborieuse : on recenserait 200 entreprises et associations prêtes à déposer des dossiers sur 2100 extensions (sachant que le coût de constitution d’un dossier est onéreux : 185 000 dollars à verser initialement).

Une grande partie des extensions demandées concernent des zones géographiques, comme le .nyc (pour New-York City) ou Paris (.paris).

D’autre sont des traductions de domaines déjà populaires : le “.com” a été demandé dans tous les alphabets de la planète.

En fonction de son portefeuille d’extensions, StartingDot proposera les enregistrements des noms de domaines dès le feu vert de l’ICANN. Mais il faudra se montrer patient.

Parallèlement, StartingDot a récemment répondu à l’appel à candidature pour gérer 11 extensions de la France, en particulier le .fr.

La jeune pousse a monté une co-entreprise FRNIC.fr en collaboration avec la Fondation d’entreprise Free (groupe Iliad-Free).

Leur offensive a pris comme nom “Le-nouveau.fr”, car elle est particulièrement critique vis-à-vis de la gestion faite par le registre actuel AFNIC.

Le gouvernement devra prendre une décision dans le courant de l’été.

Derrière Starting Dot, on trouve deux pionniers du Net Français
Godefroy JORDAN, Président et actionnaire principal de Starting Dot, a été successivement  directeur général puis président de la web agency B2L/BBDO (co-fondée avec Loic Le Meur), Président de Galaxy Foot, le Salon du football (2004-2006) et directeur général adjoint de Spir Communication (2006-2011). Il y était chargé de l’Internet, des sites Logic-Immo.com et Topannonces.fr. En tant qu’investisseur, il a également accompagné les start-up comme Evene, Immostreet, Angel Invest et Trendy Buzz.
Guillaume BUFFET, Directeur général associé, est un entrepreneur de l’Internet français depuis 1995. Après 15 ans à la tête d’agences web (il a notamment revendu son agence Singapour à CRM Company en 2006), il se consacre aujourd’hui au conseil en stratégie digitale (via les agences Les Gentils et J’en crois pas mes yeux). Parallèlement, il co-préside le think tank Renaissance Numérique.

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