Externalisez ou disparaissez !

Mobilité

La survivance des entreprises de la High Tech passe par la réactivité et la connaissance. Deux capacités difficiles à cultiver lorsqu’on se disperse. Aussi, les consultants suggèrent fortement d’externaliser une grande partie des fonctions de l’entreprise. A la condition qu’elles ne soient pas stratégiques. Reste à savoir ce qui est vital?

Les entreprises de la High Tech doivent-elles “externaliser” les deux tiers de leur activité pour rester compétitives? Pour Peter Sondergaard, vice président, GartnerGroup, cela ne fait aucun doute. Récemment, il déclare même dans un symposium dédié aux entreprises en ligne, à Florence, que “Le défi pour les entreprises de la High Tech qui souhaitent survivre est de décider quelle est leur force.” Peter Sondergaard détaille, “Aujourd’hui, la plupart des entreprises disposent d’une organisation articulée autour de trois processus clés d’affaires:  le processus centré client (vente, marketing, etc), le processus de fabrication et le knowledge management (la gestion de la connaissance). Une entreprise qui voudra réussir gardera à l’interne seulement une seule de ces spécialisations et externalisera les autres. Aussi, le défi n’est pas de trouver des partenaires auprès desquels outsourcer des processus mais bien de décider sur lequel se concentrer.”On s’en doute, lorsqu’une entreprise externalise 70% de son activité, la condition sine qua non pour continuer à exister consiste à ne pas faire de faux pas? Se tromper de spécialité reviendrait à signer son arrêt de mort. Pour Alain Hortvitz, directeur associé, Mc Kinsey BTO (Business Technology Office, l’entité de Mc Kinsey spécialisée sur le conseil en outsourcing technologique) :  “C’est évident, deux facteurs sont à l’origine de l’externalisation. La vitesse à laquelle les entreprises de la High Tech doivent réagir sur le marché pour l’emporter ? en montant par exemple un site de commerce électronique en moins de quatre mois ? comme le besoin croissant en compétences sur les Nouvelles Technologies favorisent l’appel à des prestataires de services.”Pour autant, Alain Hortvitz met quelques bémols. Il avertit :  “Aujourd’hui, nul n’est capable de mesurer à quelle hauteur il faut externaliser l’activité de l’entreprise. L’autre question est :  comment gérer ces sociétés externes ?” Sur l’activité Informatique, la moitié du personnel travaillerait dans des sociétés tiers. Pour Alain Horvitz, cette tendance se résume en un slogan :  ” I keep the thinking, I outsource the doing.” (Je garde la connaissance et j’externalise l’exécution). Alors, jusqu’à quel niveau externaliser ? Alain Hortvitz est formel :  “Il faut garder la stratégie à l’interne. La gestion des connaissances en fait partie. S’il s’agit de collecter des informations au travers une banque, un courtier, ou un analyste et d’acheter des rapports :  aucune importance! Mais, la gestion de l’information doit rester à l’interne, sans quoi l’entreprise se met en danger. Car, il ne s’agit pas seulement d’extraire l’information mais surtout de la codifier pour l’appliquer à l’achat et à la vente. Et, justement, l’intelligence des entreprises de la High Tech repose sur la capacité à mettre en relation des informations.” En exemple, il cite Cisco comme “expert en outsourcing”. Le constructeur d’infrastructure Internet a la connaissance technique. Il banalise la fabrication. Et l’externalise. Mieux :  ce géant américain a même crée un pôle spécialisé dans l’acquisition des sociétés. “Un domaine de gestion de la connaissance pointu et hautement stratégique où la marge d’erreur doit s’approcher de zéro, commente Alain Hortvitz. Aussi, l’outsourcing chez Cisco répond à une planification très précise.” Pour en savoir plus : McKinseyPour en savoir plus : Les déclarations de Peter Sondergaard


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