Facebook étend son emprise publicitaire au-delà du réseau social

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Facebook veut proposer aux annonceurs de toucher les internautes non membres du réseau social, à travers sa plateforme Audience Network.

Facebook veut assumer pleinement son statut de régie publicitaire via sa plateforme Facebook Audience Network introduite en 2014. Et le potentiel d’exploitation auprès des annonceurs hange de manière substantielle.

Jusqu’ici, le groupe Internet s’appuyait uniquement sur la base des membres du réseau social pour l’exposition de publicité sur des sites tiers affiliés à sa régie.

Cette règle va changer. Désormais, Facebook veut cibler les internautes qui ne disposent pas de compte sur le réseau social.

Un signe d’ouverture l’on pourrait interpréter comme une volonté de commercialiser davantage de publicité sous toutes ses formes (vidéo, exposition de bannières display, ciblage par segments…) et quel que soit le support (desktop ou mobile) via Facebook Audience Network. Sans se soucier d’une quelconque inscription à Facebook.

Ce qui élargit de façon considérable l’exploitation commerciale des données des internautes recueillies dans un but publicitaire.

« Les éditeurs et les développeurs d’apps ont des visiteurs ou des utilisateurs qui ne sont pas des membres de Facebook », constate Andrew Bosworth, Vice-Président en charge de la publicité au sein du groupe Interne, dans une contribution disponible dans la pressroom du groupe Internet. « Nous estimons que nous pouvons proposer lieux en exploitant davantage de vivier publicitaire », déclare-t-il en substance.

Rappelons que Facebook est déjà en mesure de suivre le comportement de ses utilisateurs (tracking) sur sa base d’1,65 milliard d’utilisateurs actifs. Il peut donc encore cibler potentiellement deux autres milliards de personnes disposant d’un accès Internet dans le monde mais qui n’ont pas ouvert de comptes Facebook.

Le Wall Street Journal a tenté de décortiquer comment Facebook parvient à collecter des éléments d’information extraits des sessions de surf d’internautes au-delà de sa sphère naturelle d’influence.

De manière synthétique, les boutons d’engagement déployés sur les sites Web (comme le fait de cliquer sur un bouton « J’aime » d’un article) ou l’exploitation de « plug-in maison » mis à disposition de sites tiers (comme la fonctionnalité de single sign on Facebook Connect) peuvent servir de points d’entrée pour commencer à collecter des données sans passer par la case Facebook.

No limit ?

D’un point de vue concurrentiel, cette extension de l’influence de Facebook pourrait déstabiliser le grand concurrent Google, qui tire 90% de ses revenus de la publicité.

Facebook est développé en mode « 100% publicitaire » (en attendant d’autres ressources via l’exploitation d’outils BtoB comme Facebook at Work, à l’instar d’un Google plus avancé sur ce volet).

En 2015, le groupe Internet de Mark Zuckerberg a généré un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars.

Dans tous les cas de figure, les organisations nationales de protection des données personnelles comme la CNIL vont se tirer les cheveux.

Déjà en Belgique, Facebook a été rattrapé au collet. Une décision de justice l’a obligé à ne plus collecter les données des internautes qui ne sont pas affiliés au réseau social.

De manière assez alambiquée, Facebook propose des options à ses membres pour gérer l’exposition publicitaire sur le réseau social. Une option permet de déterminer les thématiques publicitaires (voyages, alimentation, produits high-tech…) sur lesquels vous acceptez d’être soumis.

A partir d’aujourd’hui, le réseau social propose d’affiner vos préférences en écartant la publicité sur les apps et les sites Web au-delà de la sphère Facebook qui ne collent pas à vos centres d’intérêt.


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