Facebook va monnayer les messages privés

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Facebook faille sécurité

Facebook étend progressivement à l’Europe un pilote en cours depuis fin 2012 aux Etats-Unis, et par lequel les utilisateurs paient pour adresser des messages privés à des membres qui ne sont pas leurs amis sur le réseau social.

Ce message n’est pas indésirable car son expéditeur a payé pour vous l’adresser.

C’est, en substance, le discours de Facebook, qui projette de monnayer, auprès de son milliard d’inscrits, l’envoi de messages privés à certains membres, notamment des célébrités.

Confronté à l’expectative de ses investisseurs depuis son entrée en Bourse il y a près d’un an, le réseau social explore toutes les pistes pour monétiser son audience et consolider un modèle économique encore essentiellement basé sur les revenus publicitaires.

En décembre dernier, aux Etats-Unis, des expérimentations en ce sens débutaient autour du système de messagerie électronique @facebook.com.

Il s’agissait en l’occurrence de faire payer quiconque souhaitait s’adresser directement, par un message privé, à un individu avec lequel il n’entretenait aucun lien d’amitié “virtuel”.

Illustration avec Mark Zuckerberg, dont l’individu lambda pouvait bousculer l’intimité moyennant 100 dollars.

Qu’il soit ou non assimilable à du spam, n’importe quel message envoyé par ce biais arrive directement dans la boîte de réception du fondateur de Facebook, contournant même les éventuels paramètres de confidentialité définis par ses soins.

Cette fonctionnalité semble amenée à se généraliser tôt ou tard.

Pour l’heure, elle est déployée chez un échantillon restreint d’utilisateurs dans 36 pays, avec l’Europe en première ligne, selon une porte-parole de Facebook.

Les efforts se portent surtout sur le Royaume-Uni, mais à en croire PC Inpact, certains comptes en France sont dans la boucle. Les tests auprès de la rédaction d’ITespresso.fr n’ont pas été concluants.

Il semble qu’un algorithme dit “de notoriété” soit impliqué.

The Guardian explique ainsi qu’un message envoyé au sportif britannique Tom Daley – spécialiste du plongeon à 10 mètres – revient à près de 15 euros, contre moins d’un euro pour un journaliste de la BBC.

Facebook assure que “les prix ne sont pas gravés dans le marbre”, comme le note BuzzFeed. Effectivement, la tarification varie selon les zones géographiques : un Américain peut vraisemblablement contacter gratuitement Tom Daley.

A noter que tous les utilisateurs de Facebook, sans exception, apparaissent dans le moteur de recherche lié à la messagerie électronique. Seules les Pages ne sont pas indexées.

Alors, action antispam ou inscrite dans la logique des multiples services payants introduits l’année passée, comme Promote (mise en avant de contenus pour 0,40 à 2 dollars américaines) ou les campagnes publicitaires à 5 dollars minimum par encart ?

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