Facebook reconnaît que le droit à la vie privée et le contrôle de ses données personnelles représentent des enjeux majeurs.
Mais la société de Mark Zuckerberg considère aussi que le « droit à l’oubli » va à l’encontre de ce que les gens souhaitent réellement.
Pourtant, la Commission européenne est partisane pour inclure cette dimension dans la prochaine révision de la directive sur la protection des données personnelles.
Dans la vision de Bruxelles, tout citoyen européen devrait être en mesure de supprimer à son gré les informations le concernant déposées sur les réseaux sociaux après une période d’exposition qui serait fixée par défaut.
Selon Facebook, les internautes prônent une évolution inverse c’est à dire une exposition pleine et illimitée des informations diffusées sans nécessairement faire le tri.
Richard Allan, Directeur en charge des affaires règlementaires européennes chez Facebook, considère que le réseau social doit fournir des efforts pour faciliter son usage et garantir le contrôle intégral sur les paramètres de gestion des données personnelles (y compris la possibilité de supprimer un compte).
Il assure que la plupart des membres de Facebook préfèrent que leurs données soient stockées en permanence par ses soins plutôt que d’avoir à faire un tri.
« Ils veulent que nous leur donnions une garantie de disponibilité de 10 à 15 ans de manière à disposer d’une archive et voir comment les choses ont changé avec le temps », a déclaré Richard Allan, lors du Forum Media à Westminster organisé mardi à Londres.
Cette déclaration intervient alors que l’Union européenne recommande « un droit à l’oubli » dans lequel tout internaute pourrait demander le retrait de contenus en ligne. Par défaut, les sites auraient pour obligation de les retirer à une échéance fixée.
Le « droit à l’oubli » est défendu par Viviane Reding. La commissaire en charge de la Justice (auparavant, elle gérait le portefeuille de la Société de l’Information) cherche à limiter les risques portant sur la vie privée sur Internet, notamment en s’opposant à la collecte automatique des données.
« Alors que les réseaux sociaux et les plates-formes de partage de photos ont profondément changé notre mode de vie, de nouvelles technologies font apparaître de nouveaux défis », déclarait-elle encore la semaine dernière. « Dorénavant, c’est beaucoup plus compliqué de détecter la manière dont nos données personnelles sont recueillies. »
Facebook subit une certaine pression de la part des gouvernements en raison des infractions commises par le réseau social relatives au respect de la vie privée.
La prudence est de mise dès qu’il s’agit de partager des informations à travers la plate-forme communautaire.
« Le droit à l’oubli ne marchera qu’à condition qu’il soit adopté à un niveau international », déclare le docteur Chris Pounder, un des directeurs du cabinet britannique Amberhawk spécialisé dans la formation au droit à l’information.
Il considère que les groupes Internet comme Facebook ne s’occupent pas de la dimension « respect de la vie privée » mais plutôt sur la manière d’améliorer les performances du système d’information (fiabilité, pertinence…). Ce qui serait plus fructueux que le droit à l’oubli.
Cependant, Richard Allan persiste : les internautes ne veulent pas que leurs données soient retirées et il n’y prête guère d’importance.
« Nous avons besoin de trouver des mécanismes qui permettent de gérer les cas d’exception plutôt que le flux global des utilisateurs. Ils cherchent surtout des moyens pour mettre en ligne des informations plus facilement. »
Actuellement, Facebook propose deux options aux utilisateurs pour couper leurs comptes. Soit désactiver le compte.
Dans ce cas, les données précédemment transférées sur Facebook seront sauvegardées sur ses serveurs et elles pourront être récupérées lorsque le compte sera réactivé.
Pour détruire définitivement les données, il faut se rendre sur l’espace Facebook Help Centre et suivre le mémo indiquant la façon de procéder.
Adaptation en français d’un article eWeek.co.uk : Facebook Questions EU « Right To Be Forgotten » (23/03/11)
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Derniers commentaires
4 Responses to Facebook n’est pas convaincu par le « droit à l’oubli »-
Le 25 mars 2011 à 12:27 par GNU
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Le 25 mars 2011 à 14:48 par lee
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Le 25 mars 2011 à 15:16 par Ane Onyme
Un « droit a l’oubli » a autant de sens qu’un « droit à la connerie »
Il s’oppose complètement au « we will not forget » des anonymous et est de plus extrêmement dangereux vis à vis de la démocratie : les hommes politiques ou les criminels seront les premiers à vouloir utiliser de ce « droit ».
On est au siècle d’Internet et toute donné largement publié ne peut plus être rattrapé.
Aux dinosaures de se former pour apprendre dans quel monde on vit.
Aux autres d’apprendre comment maîtriser au mieux ses publications et d’utiliser des alternatives à Facebook comme Movim ou Diaspora ( en cours de développement) qui le permettent bien mieux. (Les données sont décentralisés et l’on sait exactement qui y a accès… jusqu’à ce l’on décide de les montrer aussi à des « inconnus », évidemment…).
Imaginons que vous vous retrouviez en photo lors d’une soirée bien arrosée, et que cette photo soit accessible par n’importe qui (au hasard, votre patron, du genre catho-intégriste). Ca va bien le faire lundi matin.
« Cependant, Richard Allan persiste : les internautes ne veulent pas que leurs données soient retirées et il n’y prête guère d’importance. »
Ah bon? Personnellement je souhaite pouvoir retirer les informations que je met sur la toile quand je le souhaite!
Nous devons avoir la possibilité de demander aux sites internet (quels qu’ils soient) de retirer nos données de leurs bases. Le fait que je choisisse de leur confier une photo à un instant, ne signifie pas que je leur donne le contrôle total de cette photo.
Le droit à l’oubli est fondamental. Sans ce droit, nous serons bientôt « étiqueter » à chacun de nos actes et dans l’incapacité de changer. Qui peut dire qu’il est le même aujourd’hui qu’il y a 20 ans?
Bafouer ce droit, c’est bafouer le fait que l’Homme puisse changer et évoluer au cours de sa vie. Et cela, ce n’est en aucun cas une bonne chose…
@GNU : « les hommes politiques ou les criminels »
Le droit à l’oubli est sur internet. Les criminels ne sont sans doute pas sur un « facebook du crime » avec leur dossier dessus. Les hommes politiques, ont également le droit à une vie privée (certes un peu moindre que « Mr tout le monde » car ils ont choisi une profession publique, mais quand même.