Familles de France en guerre contre les moeurs dépravés sur Second Life

Mobilité

L’association, qui veille aux valeurs morales de la famille, assigne
l’éditeur du monde virtuel et les FAI français. Au nom de la protection des
enfants.

Second Life, le monde virtuel populaire conçu par la société californienne Linden Lab, déplaît à Familles de France, qui le fait savoir avec un recours devant la justice française. Motif principal : la présence jugée incongrue et non contrôlée de contenus pornographique. “Les utilisateurs ont la possibilité de mimer des rapports sexuels, allant même jusqu’à des scènes de viol, de bondage, de zoophilie et de scatophilie”, souligne l’association française de soutien aux familles dans un communiqué du 1er juin 2007. Celle-ci s’inquiète de la présence “de passerelles entre l’univers virtuel et des sites internet de pornographie [qui] permettent à l’utilisateur d’être redirigé rapidement”.

Familles de France a donc assigné en justice l’éditeur Linden Lab. Rappelons que, depuis sa création en 2003, Second Life est utilisé par près de 7 millions de “joueurs”. Ceux-là peuvent y construire leur propre univers virtuel à l’aide de Linden Dollars, une monnaie virtuelle convertible en véritables dollars. “La France fournirait le deuxième groupe de joueurs après les Etats-Unis”, estime l’association qui se donne pour mission “d’assurer la promotion et la défense de tous les intérêts de la famille sur le plan moral”.

Sexe, alcool, tabac…la Cour des Miracles selon Familles de France

Outre l’accès aisée à la pornographie, Familles de France dénonce la présence de publicité pour de l’alcool ou du tabac en ligne. Or, sur le Web comme sur tous les médias, la publicité pour ces produits est censée faire l’objet d’une réglementation. Tout comme les casinos virtuels qui peuplent Second Life sans aucun contrôle de l’Etat français. Des nuances de règlementations territoriales et de restrictions que Second Life semble éluder.

Toujours selon Familles de France, ces dérives inquiètent d’autant plus que le monde virtuel est accessible aux mineurs. Aucune précaution n’est prise par l’éditeur pour interdire aux plus jeunes l’accès à ce monde que l’on ne peut cependant réduire à un univers de dépravation. C’est pourquoi l’organisation de défense des consommateurs, notamment, “réclame des mesures techniques efficaces de protection afin que des contrôles soient mis en place pour empêcher l’accès à ces dérives par les mineurs”.

Ayant peu de chance d’être entendu par l’éditeur américain basé à San Francisco, Familles de France a assigné tous les fournisseurs d’accès Internet installés en France en référé “à titre subsidiaire”. L’audience est attendue le 18 juin 2007. Quant à Second Life, l’éditeur précise qu’il faut avoir plus de 13 ans pour y accéder. Et a ouvert Teen Second Live, un deuxième univers virtuel pour les plus jeunes. Mais sans aucun moyen de contrôle.


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