Les Français et le numérique : entre raison et passion

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Harris Interactive constate que les Français deviennent plus méfiants à l’égard du numérique à mesure qu’ils se l’approprient… et que leurs habitudes évoluent en conséquence.

À mesure qu’ils s’approprient le numérique, les Français deviennent plus méfiants à son égard, sans pour autant en délaisser l’usage.

C’est l’un des principaux enseignements à tirer d’un baromètre – document PDF, 33 pages – réalisé par Harris Interactive pour l’ACSEL, La Poste et la Caisse des dépôts.

Quand bien même l’échantillon interrogé dans ce cadre est relativement restreint (1 037 personnes âgées de 15 ans et plus qui ont répondu à un questionnaire en ligne entre le 19 et le 26 septembre 2016), des tendances fortes se dégagent, avec un constat : la nécessité, pour les acteurs publics comme privés, de développer une image corporate, d’apporter des garanties techniques aux utilisateurs et de prendre des engagements à leur adresse par le biais d’une charte*.

Sur la question de la confiance vis-à-vis du numérique, une statistique résume l’état d’esprit des Français : 87 % des sondés approuvent l’affirmation « J’ai conscience qu’il y a des risques à utiliser Internet, mais aujourd’hui, on ne peut plus [s’en] passer et je l’utilise quand même ».

Paradoxe ? Fatalité ? Alors qu’ils sont 83 % à se dire connectés (dont 87 % tous les jours), les Français ne sont que 37 % à se déclarer confiants dans l’usage d’Internet, contre 40 % il y a 18 mois, lors de la précédente vague du baromètre. Une perception problématique à l’heure où se développent des modèles économiques fondés sur l’exploitation de la data.

Et mes données ?

La sensibilité des Français à cette problématique se fait de plus en plus forte. Ils sont notamment 84 % à penser que les réseaux sociaux utilisent leurs informations personnelles à des fins commerciales (+ 26 points)… et 81 % à se dire gênés par cette pratique.

Dans le même esprit, 68 % se déclarent soucieux de la collecte de données par les moteurs de recherche.

59 % estiment par ailleurs que la communication d’informations à des compagnies d’assurance en échange d’une adaptation des primes est source de risque (seuls 16 % évoquent une « opportunité »). Ils sont aussi nombreux à affirmer ne pas être intéressés par la géolocalisation en magasin pour bénéficier d’offres.

Les objets connectés suscitent également des inquiétudes : 54 % des répondants sont « gênés » par le stockage des données sur Internet. Le taux d’équipement reste d’ailleurs assez faible : 17 % (+ 7 points), sachant que 13 % envisagent de franchir le pas dans un horizon d’un an.

En l’état, les franciliens sont plus équipés (24 %), ainsi que les jeunes (31 % chez les 15-24 ans ; 26 % chez les 25-34). Les appareils connectés sont d’abord liés à la sphère domestique (8 %) et à la santé (7 %), avec un grand nombre de bracelets et de montres.

Le taux de pénétration du smartphone est tout autre : 53 % des internautes en utilisent un (+ 10 points en 18 mois). Les usages évoluent en parallèle, la mobilité profitant tout particulièrement aux réseaux sociaux… et à la consommation collaborative, dont la progression (+ 14 points, à 34 % des sondés) contraste avec le recul du e-commerce (- 6 points, à 83 % des répondants).

Prendre la tangente

On aura soin de ne pas généraliser la méfiance en soulignant que certains domaines bénéficient, au contraire, d’un taux de confiance en hausse : + 8 points pour la e-administration (75 %), + 12 pour le e-commerce (58 %), +11 pour la consommation collaborative (55 %) et + 6 pour le cloud (41 %). Ce qui n’éclipse pas le repli de la banque en ligne (- 11 points, à 61 %) et des réseaux sociaux (- 15 points, à 28 %).

La « pression commerciale » exercée par Facebook, Twitter et consorts (83 % des Français l’estiment) a convaincu 26 % des internautes de s’inscrire avec un pseudo.

D’autres techniques que Harris Interactive qualifie « d’évitement » émergent. 48 % des Français suppriment leurs cookies, 42 % suppriment l’historique de leur navigateur et 36 % en effacent le cache. Ils sont 34 % à recourir à un adblocker, 21 % à utiliser plusieurs adresses e-mail et autant à renseigner de fausses informations.

Malgré une forte défiance, les réseaux sociaux restent très utilisés. À l’inverse, le cloud présente globalement un faible usage, tout en bénéficiant d’une confiance plutôt faible. La consommation collaborative se situe entre les deux.

* Le fait qu’un site (marque, entreprise…) soit connu représente un levier de confiance pour 29 % des Français. 17 % mentionnent les labels de confiance. Et 27 %, les chartes d’engagement des e-commerçants sur l’exploitation des données.


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