France Numérique 2012 : “Mission accomplie” selon Eric Besson

Mobilité

Assises du numérique : le ministre de l’Economie numérique dresse un bilan jugé satisfaisant du programme IT qu’il avait initié en 2008. Place à la prospective à l’horizon 2020.

Dans le cadre des Assises du numérique organisées aujourd’hui à Paris, Eric Besson a dressé un bilan positif du Plan France Numérique 2012.

Il avait été engagé en octobre 2008 lorsque le ministre actuel en charge de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique occupait le poste de secrétaire d’Etat chargé du numérique.

Trois ans plus tard, dans quelle mesure les 154 mesures opérationnelles du programme étatique ont été appliquées ? Selon Eric Besson, “95% de ces mesures ont été réalisées ou sont en cours de réalisation”.

Un bilan qui mériterait d’être nuancé car tous les volets (réseaux, e-service public, soutien aux industries IT, e-éducation, compétitivité numérique…) n’ont pas avancés avec la même linéarité.

Il est vrai que le monde des réseaux a changé : la bascule vers la télévision numérique terrestre s’est achevée fin novembre, les opérateurs mobiles ont déployé la 3G (UMTS) pour couvrir la population et la course à la 4G (norme LTE) est enclenché, le haut débit est vulgarisé (“99% de la population a accès à l’ADSL”) et le cadre du déploiement de la fibre optique a nettement progressé (objectif 100% de la population couverte à l’horizon 2025)…

Dans le volet des “rendez-vous manqués”, on pourrait considérer que les pouvoirs publics n’ont pas réussi à faire progresser le volet de la radio numérique, faute de l’appui des groupes privés de radiodiffusion.

Eric Besson est passé en mode prospective pour évoquer “la stratégie qui sera mise en oeuvre pour atteindre les objectifs identifiés à l’horizon 2020”. Et ce, “sans accroître les dépenses de l’Etat”, est-il précisé dans la synthèse…En ces temps de disette budgétaire au nom de la rigueur, cela ne fait pas de mal.

Dans le cadre des “Investissements d’avenir”, le déploiement de la fibre demeure le grand chantier sur le front des réseaux (qui nécessiterait un investissement de 21 milliards d’euros pour assurer une couverture globale selon l’ARCEP).

Si l’objectif TNT est atteint, il faut désormais développer la HD (interactivité, mobilité, “lancement d’au moins une chaîne 3D”). Eric Besson considère qu’il est nécessaire de généraliser le format de compression MPEG-4 d’ici 2015 et la norme de diffusion DVB-T2 d’ici 2020.

Si l’on dresse un ratio numérique/PIB, la France se situe en vingtième position dans le monde. On peut aisément comprendre qu’il faut poursuivre les efforts au nom de la compétitivité numérique. Il faut également accompagner les administrations et les PME-TPE dans l’adoption des outils numériques. Le cloud devrait faciliter cette transition dans l’e-économie.

De grands chantiers IT sont à prévoir au niveau national et européen comme l’harmonisation de la fiscalité des services. C’est aussi une question de changement de culture d’entreprise (“généraliser le télétravail”) et de service public (“100% des démarches administratives les plus attendues” d’ici 2013).

La création de la Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication de l’Etat (DISIC) devrait permettre d’harmoniser les pratiques IT entre les différentes administrations centrales.

Des domaines comme l’e-santé ou l’e-éducation demeurent largement sous-exploités en France. Les tergiversations pour élaborer le dossier médical personnel (DMP, relancé en 2010 après un premier échec datant de la période 2004-2005) montrent qu’il est nécessaire de renforcer le pilotage et le suivi de ses grands projets à l’échelle nationale.

Faut-il créer un “ministère du Numérique” digne de ce nom ? Eric Besson ne répond pas à cette question. Mais elle reviendra inévitablement dans les débats lors de la prochaine élection présidentielle…

 

 

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