France Télécom accélère le déploiement du haut débit

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France Télécom propose une charte afin de répondre aux besoins des départements en matière d’infrastructures réseau. Elle devrait avancer d’un an le déploiement du haut débit en France.

“France Télécom n’était pas favorable à l’idée de permettre aux collectivités locales de devenir opérateurs [comme l’autorisera la prochaine loi sur la “Confiance dans l’économie numérique”, Ndlr], nous l’avons fait savoir mais n’avons pas été entendus. Nous prenons aujourd’hui cette évidence comme fait acquis et allons essayer d’en faire un point positif en démontrant aux collectivités que nous sommes les meilleurs pour répondre à l’ensemble de leurs besoins.” Thierry Breton a tranché. Plutôt que de tenter de s’opposer frontalement au cadre réglementaire, le président de France Télécom prend les devants pour éviter que des “mini France Télécom”, selon ses termes, n’émergent un peu partout sur le territoire. Il est vrai que l’ouverture de la boucle locale met désormais l’opérateur historique en concurrence avec n’importe quel opérateur alternatif dans le cadre des appels d’offres.

La réaction offensive de France Télécom se traduit par une charte intitulée “Départements Innovants” et qui vise à satisfaire les besoins des collectivités locales en matière d’infrastructures réseau ? et de services ? pour le déploiement du haut débit. La Caisse des Dépôts et Consignations accompagne le groupe de télécommunications pour répondre aux besoins de financement, notamment dans les zones d’intérêt stratégique mais non rentables dans un premier temps. A travers cette charte, France Télécom s’engage à “accélérer le déploiement du haut débit sur le territoire, la desserte des zones d’activité, la promotion des services et usages innovants.” Le département, de son côté, “conduira des actions de promotion du haut débit pour aider à l’émergence de la demande”. Cela pourra notamment se traduire par le déploiement de solutions dans les domaines de l’enseignement (relations établissements-parents d’élèves, réseaux d’élèves, cartable électronique…), de la santé (diagnostic à distance, assistance à domicile, télémédecine…), l’administration électronique (extranet intercommunal, téléprocédures…), l’information aux citoyens, la sécurité (vidéosurveillance…), etc.

Des solutions au cas par cas

Au delà des formules types de la charte, l’opérateur historique entend étudier au cas par cas les besoins des collectivités afin de proposer des solutions sur mesure, plus adaptées pour répondre aux spécificités locales qu’un plan de déploiement d’envergure nationale. Selon Thierry Breton, les dossiers ne seront pas traités à Paris mais par les directions régionales de l’opérateur. Celui-ci fait preuve d’un esprit d’ouverture inhabituel puisqu’il se déclare prêt à mutualiser son réseau avec celui des concurrents afin d’optimiser les coûts de mise en place d’infrastructure et d’exploitation.

S’il est encore trop tôt pour savoir comment les collectivités locales percevront la mise en place de cette charte qui se veut innovante, la conséquence directe de cette initiative est l’accélération du plan haut débit pour tous, engagé il y a sept mois (voir édition du 10 juin 2003). Selon Thierry Breton, les objectifs initialement fixés pour fin 2005 – 90 % de la population couverte en haut débit – seront atteints avec un an d’avance. Ce ne sont pas 6 000 mais 8 000 répartiteurs qui seront équipés de DSLAM (les concentrateurs des lignes ADSL) fin 2005, ce qui permettra de couvrir 95 % de la population. France Télécom n’en poursuivra pas moins ses expérimentations de solutions alternatives comme le haut débit sans fil (par satellite et Wi-Fi). Cette accélération coûtera 100 millions d’euros supplémentaires au plan, soit 700 millions d’euros au total pour la période 2003-2005. A ce stade, la France devrait s’imposer comme l’un des pays les mieux équipés au monde en matière de haut débit, avec la Corée du Sud.


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