France Télécom se cherche dans l’Internet gratuit

Régulations

A l’occasion de l’Université d’été de la Communication à Hourtin, Michel Bon, président de France Télécom a présenté sa première initiative centrée autour de l’Internet gratuit. Proposant de marier l’accès à zéro franc à une tarification téléphonique de 28 centimes par minute, l’opérateur explique qu’il pourra séduire les fournisseurs d’accès aujourd’hui associés à ses concurrents.

Lors d’une conférence tenue dans le cadre de l’université d’été de la Communication à Hourtin, le président de France Télécom Michel Bon a présenté la nouvelle parade de l’opérateur face à la montée de l’Internet gratuit. Le responsable a indiqué qu’une demande d’homologation d’un nouveau tarif de communication Internet avait été déposée en juillet auprès de l’ART, le gendarme national des télécoms. Ce tarif permettrait aux internautes profitant d’un abonnement gratuit à la Toile de surfer pour 28 centimes par minute quelle que soit l’heure de la journée, en heure pleine comme en heure creuse.

Une telle tarification est à première vue sans réel intérêt pour les internautes avertis. Le prix à la minute correspond à une facturation de communication locale en heure pleine. Bref, à environ 16,80 francs l’heure, on aurait davantage intérêt à profiter d’un forfait comme Primaliste (environ 6 francs/heure durant la nuit) ou du forfait 100 francs pour 20 heures de connexion. Ce dernier, valable en début de soirée et le week-end, a été lancé le 2 août.

France Télécom explique que la tarification à 28 centimes par minute a pour principale vocation d’attirer sur son réseau les volumes croissants de communications téléphoniques engendrés par l’Internet gratuit. En effet, de nombreux fournisseurs d’accès à zéro franc se sont associés avec des opérateurs alternatifs. En récompense de l’augmentation de trafic sur la boucle locale (les derniers mètres de réseau aboutissant chez l’internaute) qui appartient à France Télécom, ces acteurs alternatifs perçoivent un reversement de la part de l’opérateur historique. Ensuite, une partie de ce reversement est redistribuée au fournisseur d’accès. A l’instar des revenus publicitaires ou un pourcentage sur les ventes en ligne, cette rente fait partie du modèle économique des fournisseurs gratuits. Or désormais, l’opérateur propose de court-circuiter ses concurrents en attirant les fournisseurs d’accès gratuits avec un reversement “intéressant”, qui n’a pas été chiffré mais serait inférieur à 10 centimes par minute.

Reste que l’offre à 28 centimes la minute ne promet guère d’attirer une clientèle à la fois fidèle et fournie. “Cette offre n’est pas adaptée au marché et risque de créer une nouvelle confusion des prix dans l’esprit des internautes”, critique sans détour Sébastien Crozier, directeur associé de la société Internet Télécom. Et de s’interroger : “Comment voulez-vous que les internautes acceptent de payer presque quatre fois le prix lors de leur connexion par rapport à un service comme Primaliste ? Cette offre n’est pas sérieuse”. Pour lui, l’intérêt de l’homologation du tarif par l’ART profitera surtout au service d’abonnement gratuit de France Télécom, Wanadoo Illico. Actuellement facturé 45 centimes par minute, l’accès gratuit de l’opérateur pourra dès lors passer sans encombre à 28 centimes. Une initiative encore timide au regard des enjeux de l’Internet, thème majeur de l’université d’été à Hourtin.

Pour en savoir plus :

* http://www.francetelecom.fr

* http://www.internet-telecom.fr


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