François DELTOUR : « Effinity est un champion européen des brand techs »

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Co-fondateur d’Effinity, François Deltour revient sur le pivot réalisé avec succès par cette ancienne plate-forme d’affiliation, revendiquant désormais près de 50 000 partenaires à l’échelle européenne.

ITespresso.fr – Effiliation est devenu Effinity. Quelles sont les raisons qui expliquent ce changement de marque ?

François Deltour – En 2012, nous avons réalisé qu’après des années de croissance à deux chiffres, notre chiffre d’affaires stagnait pour la première fois. Nous avons cherché à analyser la situation et nous avons réalisé que l’affiliation était devenue une victime colatérale du retargeting en perdant la bataille du dernier clic.

Avec la multiplication des leviers d’acquisition, la notion d’attribution est devenue très complexe. Nos clients e-commerçants (PriceMinister, Delamaison, Beaumanoir, Vivarte, Orange, Bouygues, …) ne voulaient logiquement pas verser plusieurs commissions pour une même commande et c’est l’affiliation qui en a fait les frais.

 

ITespresso.fr – Comment avez vous réagi ?

François Deltour – Notre première idée était d’améliorer encore le processus de tracking, afin de répartir équitablement les commissions avec les différents supports impliqués dans le cycle de vente. Mais la logique de l’attribution au dernier clic perdurait et beaucoup d’apporteurs d’affaires comme les blogueurs – qui sont en amont du cycle d’achat- n’étaient pas rémunérés.

Confrontés au même problème, nos concurrents historiques Zanox et TradeDoubler ont décidé de prendre le train du display programmatique, pour essayer de concurrencer frontalement de grandes plates-comme comme Google, Facebook ou Criteo. Mais nous avons jugés que l’aventure était trop risquée et préféré opérer un véritable retour aux sources..

 

ITespresso.fr – De l’affiliation ?

François Deltour – Effiliation a démarré en cherchant à monétiser les pages perso de Multimania, la grande plate-forme communautaire française des années 90. Nous avons donc cherché à renouer avec tous ces influenceurs du marché : blogueurs bien entendu, mais également youtubers, instagramers et autres détenteurs de communautés en ligne.

Effilation est devenu Effinity car notre expertise, c’est l’affinité que nous pouvons créer entre une marque et un influenceur. Nous disposons désormais d’un réseau de près de 4000 influenceurs et de 45 000 affiliés, que nous pouvons activer au travers de solutions de native advertising, de cashback ou tout simplement de relations presse, afin de générer de l’audience et des ventes pour nos clients.

Pour vendre un smartphone par exemple, l’internaute s’informe sur un blog spécialisé, va ensuite sur un comparateur de prix et termine bien souvent le cycle d’achat en cherchant un coupon de réduction sur un site de cashback. Effinity est présent à toutes les étapes en veillant à rémunérer correctement tous les apporteurs d’affaires.

 

ITespresso.fr – Êtes vous encore une plate-forme d’affiliation ?

François Deltour – Nous sommes clairement à la croisée des métiers entre plate-forme de mise en relation et web agency. Nous disposons de solutions technologiques (tracking, catalogue produit en marque blanche, flux RSS de codes de réduction, API de cashback, …) et d’une véritable expertise, que nous proposons aux marques, afin de bâtir la stratégie la plus pertinente. Attention au fantasme du programmatique. Notre métier ça reste de vendre à des gens par l’intermédiaires d’autres gens.

Mais nous n’abandonnons absolument pas notre plate-forme dont nous lançons une nouvelle version le mois prochain, pour intégrer toutes les nouvelles formes d’influence (Instagram, Youtube, etc…) avec les bons outils de tracking et surtout le bon discours, pour transformer ces influenceurs en autant d’ambassadeurs pour les marques.

 

ITespresso.fr – On peut vendre via Instagram ?

François Deltour -Oui, l’image fait vendre. Mais les images d’instagram ne sont pas cliquables. Du coup nous avons développé une solution baptisée Effigram, qui crée une sorte de miroir du compte instagram, et qui permet de mettre en place des liens marchands. Nous l’avons lancée en septembre dernier pour TheTops et cela génère plusieurs commandes chaque jour. Et nous comptons accélérer avec d’autres marques comme TheKooples ou L’Oréal, qui disposent de grosses communautés, en particulier de jeunes de 18 à 25 ans, qui sont très sensibles à ce qu’elles peuvent voir sur Instagram.

 

ITespresso.fr – Ces outils sont ils accessibles aux petits e-commerçants ?

François Deltour – Jusqu’à présent, l’affiliation nécessitait pas mal d’interventions humaines et elle n’était effectivement accessibles qu’aux gros commerçants, avec à peine quelques milliers de programmes disponibles. Nous avons dans un premier temps proposé notre plate-forme en marque blanche (catalogue, gestion des flux financiers, formations) ce qui permet aux marques de reprendre de l’autonomie face aux géants du digital comme Google, Facebook ou Criteo.

Mais nous voulons aller plus loin car nous pensons que nos technologies peuvent effectivement intéresser les 170 000 e-commerçants identifiés par la FEVAD.

C’est pourquoi nous lancerons dans quelques mois SELLDORADO, une plate-forme entièrement automatisée, tant pour les e-commerçants que pour les marques, et permettant de bénéficier des dernières innovations en matière de marketing en ligne.

 

ITespresso.fr – Toutes ces innovations vous ont elles permis de retrouver le chemin de la croissance ?

François Deltour – Oui, Effinity a renoué avec une croissance à deux chiffres dans un marché plutôt baissier selon la dernière étude du SRI. Nous avons franchi le cap des 20 millions d’euros de chiffre d’affaires tout en restant indépendants.

Nous avons récemment réalisé une première levée de fonds d’un million d’euros auprès de la BPI, de la région Aquitaine et de la BNP. Notre priorité est de nous développer en Europe (UK, Italie, Allemagne, Espagne) et en Amérique Latine (Brésil) afin de devenir un champion européen des brand techs, capable de rivaliser un jour avec les champions américains.


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