Freddy Mini – Netvibes : le match des « Tech » USA vs France – bonus interview

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En fonction des segments « Tech » (AdTech, EdTech, RHTech…), qui a le plus d’influence entre la France et les USA ? Freddy Mini, CEO de Netvibes, a récemment dressé une cartographie au Hub de Bpifrance.

(update 27/03/17) Freddy Mini a une double vision technologique entre les USA et la France. Sa société Netvibes, qui édite un service de dashboards personnalisés (propriété de Dassault Systemes depuis février 2012), et Bpifrance ont effectué un exercice de veille stratégique sur les tendances IT entre les Etats-Unis (avec un focus sur le point d’ancrage de la Silicon Valley en Californie) et la France.

Jeudi 15 mars, Freddy Miny, CEO (et non-cofondateur comme indiqué auparavant, ndlr) de la jeune pousse  intégrée dans le giron du groupe Dassault Systèmes, a présenté les résultats de ce panorama transatlantique atypique.

Il en ressort un rapport interactif en 133 slides en anglais sous forme de 17 « topic snapshots » qu’il est possible de consulter sur le Web à cette adresse-ci sous la forme d’un match SILICON VALLEY/USA VS FRANCE.

Ou comment détecter les intérêts IT thématiques entre la France et les USA : EdTech, réalité virtuelle, RHTech, commerce, CleanTech, Big Data, AgriTech, Mobile, intelligence artificielle, AdTech, BioTech, transports, SmartCity, FinTch, Security, IoT et Drones.

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Parmi les thèmes phares qui se dégagent figurent le domaine des transports avec des déclinaisons sur le même thème comme la conduite autonome, les véhicules électriques de nouvelle génération, les drones et les nouveaux modes de mobilité (covoiturage, autopartage…).

Nous ne sommes qu’au début de la révolution : « Tout ce qui bouge va devenir autonome », considère Franck Che, Partner chez le célèbre fonds californien Andreessen Horowitz.

Parmi les sujets qui bougent, Fred Miny évoque également l’AgriTech au sens large. Au-delà des tracteurs qui deviendront aussi autonomes, le Net-entrepreneur évoquent aussi d’autres problématiques plus de développement responsable et de (sur)population.

Ainsi, entre 2017 et 2050, on passera de 7,5 milliards d’habitants à 10 milliards. Ce qui ne manquera pas d’entraîner des questions d’alimentation et de répartition des richesses dans le monde.

Fred Miny se veut rassurant sur le sujet. Des experts s’y attellent sous l’angle de l’AgriTech.

L’essor des technologies d’intelligence artificielle est incontestable et il va irriguer l’ensemble des secteurs d’activité avec des impacts plus ou moins importants (notamment sur le marché du travail avec une automatisation parfois à marchée forcée). On a beaucoup de variations sur le même thème : chatbot, robotic process automation, machine learning, deep learning…

Un focus sur la réalité virtuelle a également été effectué au regard de l’implication des groupes comme Facebook/Oculus, Microsoft ou Google. C’est une grande force côté USA alors qu’en France, on peut compter sur des atouts dans des écosystèmes comme la MarTech ou l’AdTech.

Parfois, en fonction des pressions politiques et des exercices de lobbying, des thémes sont susceptibles de monter en puissance. Inévitablement, le sujet des nouvelles technologies associées au domaine de la sécurité ressortira à l’ère de la présidence Trump, estime Freddy Mini.

Difficile de répertorier tous les thèmes dans ce foisonnement en les commentant tous. On vous laisse piocher dans ce catalogue d’innovation en fonction de vos centres d’intérêt (et découvrir la session live Periscope relayée en tweet  en bas de la page).

Pour compléter ce panorama 360° des technologies « hype », ITespresso.fr a discuté avec Freddy Mini en marge de la conférence dans les locaux de Bpifrance à propos de l’évolution de Netvibes*  et de ses activités de business angels entre la France et la Californie (il habite depuis plus de dix ans à San Francisco).

ITespresso.fr : Depuis son positionnement historique d’agrégateur de flux RSS, comment Netvibes a évolué vers le dashboard intelligence ?

Freddy Mini : On peut illustrer la dashboard intelligence en trois « A », qui correspond à trois générations de Netvibes. La première est celle de l’agrégation.

Entre fin 2009 et début 2010, nous nous sommes lancés dans l’analytics (le deuxième « A ») sous un angle real time qu’il fallait souligner à l’époque. Mais cela devenait compliqué avec la gestion de plusieurs dashboards liés à la multiplication des sources.

Il a fallu y associer une aide algorithmique, une forme de curation humaine et  faire du smart tagging. On a pris ensuite un logiciel open source de social media analytics que l’on a forké et on rajouter de la data par-dessus.

La génération 3 s’oriente vers l’automatisation (avec la création des « Potions ») pour prendre des décisions qui nous a permis de remporter quatre awards. Actuellement, nous travaillons sur la quatrième génération.

ITespresso.fr : Quels profils de managers visez-vous avec votre solutions Netvibes ?

Freddy Mini : On vise tous les responsables marketing au sens large du CIO au CMO. Nous disposons de quatre types de dashboards : pour les marques, les événements, les marchés et les centres d’intérêt. Soit on fournit la solution aux équipes concernées en interne soit on la fournit aux agences en cas d’exploitation externalisée.

Mais, notre but ultime, comme nous le faisons au sein de Dassault systèmes, c’est que tout le monde puisse utiliser notre solution.

Vous l’avez vu avec la session les tendances de la Silicon Valley par rapport à l’écosystème français réalisée dans le Hub de Bpifrance, il y avait dans l’assistance autant de start-uppers que de VC. Ce sont autant de clients potentiels pour Netvibes.

ITespresso.fr : Combien de clients premium disposez-vous ?

Freddy Mini : Nous devons faire attention à la communication sur ce type de sujet car Dassault Systemes est coté en Bourse. Quand nous avons été acquis en 2012, les due diligences faisaient état de 225 clients. On a progressé depuis mais je ne peux pas en dire plus.

Parallèlement, Dassault Systèmes dispose de 200 000 clients dans le monde. Ils ne sont pas encore tous clients de Netvibes (sourire). Mais c’est notre but. 

ITespresso.fr : Comment vous organisez-vous au sein de Netvibes ?

Freddy Mini : Notre équipe est composée de 48 collaborateurs, essentiellement à Paris. Le développement et la comptabilité sont réalisées en France. Aux Etats-Unis, nous sommes huit (5 sur la côte Ouest et 3 sur la côte Est).

ITespresso.fr : Comment explorez-vous l’intelligence artificielle ?

Freddy Mini : C’est une ombrelle qui intègre beaucoup de chose (comme l’ontologie). Nous sommes modestes là-dessus. Mais c’est un sujet important et on y travaille. Nous avons quatre data scientists dans le sens où ils font de l’analyse et ils font tourner les logiciels. Mais il y a surtout une autre équipe de quatre codeurs auprès du CTO [Florent Solt, ndlr] qui a actuellement l’intelligence artificielle comme marotte.

ITespresso.fr : En qualité de business angel, au regard de la quinzaine des IT topics présentés à Bpifrance, quels sont les domaines dans lesquels tu aimes investir ?

Freddy Mini : Le business angel, c’est du risque quasiment pur mais aussi une émotion. Le choix des investissements est toujours une combinaison entre une équipe, l’étape de développement, la réalisation du projet et une technologie avec laquelle on se dit qu’elle vaudra quelque chose un jour.

J’ai investi dans une dizaine de start-up, comme dans le programme d’accélérateur The Refiners. Les fondateurs (Géraldine Le Meur, Carlos Diaz, Pierre Gaubil) ont un track record fabuleux. Ils ne peuvent pas échouer. C’est vrai qu’ils m’attendent au tournant sur le volet mentoring mais je ne l’ai pas encore fait pour des questions d’agenda (sans mauvaise volonté !)

Récemment, j’ai investi dans une start-up qui développe un outil CRM sur des technologies d’Elastic Search mais je ne peux pas en dire plus en l’état actuel. 

(Crédit photo : Philippe Guerrier – NetMediaEurope)

*Netvibes a été créée en 2005 par Tariq Krim et Florent Frémont. Puis Freddy Mini a rejoint l’équipe à la mi-2006 en qualité de directeur d’exploitation avant d’endosser les fonctions de CEO.


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