Free a modulé ses investissements réseaux en fonction de ses priorités

MobilitéRéseauxTrès haut débit
Freebox Revolution

Avec la présentation des résultats 2011, on s’aperçoit que le groupe Iliad-Free a fait des choix stratégiques d’investissements (ADSL, fibre, mobile). Il a recruté 407 000 nouveaux abonnés haut débit l’an précédent.

On attendait des nouvelles sur les premières retombées commerciales de Free Mobile.

Mais le groupe Iliad a préféré se concentrer sur le (gros) bloc des résultats de l’exercice 2011.

Celui-ci a été marqué par le lancement de la nouvelle set-top-box Freebox Revolution, le déploiement de la fibre et la préparation de l’offensive dans la mobilité pour un lancement commercial effectif début 2012.

Parmi les principaux indicateurs, le groupe télécoms de Xavier Niel a réalisé un chiffre d’affaires en augmentation de 4,1% pour s’établir à 2 122 millions d’euros (plus de 6% sur le seul quatrième trimestre 2011).

Le résultat opérationnel courant (1) progresse de 4% à 498 millions d’euros au 31 décembre 2011 (478 millions d’euros à fin 2010).

La marge EBITDA (2) “record” a été maintenue par rapport à 2010 : 39,3%.

En revanche, le résultat net consolidé a été nettement affecté : – 20% (à 252 millions d’euros).

Mais le groupe se montre toujours aussi fier un niveau d’endettement net faible (969,4 millions d’euros), ce qui présenté comme une performance dans l’univers des télécoms en Europe.

“En 2011, le groupe a réussi à maintenir un fort niveau de rentabilité, ceci malgré l’effet dilutif des consommations mobiles et vers l’Algérie intégrées dans l’offre Freebox Révolution, le changement de taux de TVA et les pertes liées à l’activité mobile”, résume la direction du groupe Iliad dans un communiqué.

Les investissements multi-réseaux se poursuivent mais ils ont été modulé en fonction des priorités : ADSL (570 millions d’euros,+75%), fibre (156 millions d’euros, -19,1% alors que le cadre règlementaire du très haut débit a été fixé courant 2011), et mobile (417 millions d’euros, +60%).

Toujours sur l’ensemble de l’année, la base d’abonnés haut débit a progressé de 407 000 client (net de résiliations et hors migrations portant sur l’offre Alice).

Après le rachat de Telecom Italia France en 2010, Free a fait basculer 85 000 abonnés de la base Alice vers une offre Free au cours de l’année 2011.

Ce qui permet au FAI  d’afficher “une part de marché record dans les recrutements nets à 35%” en prenant comme référence les données de marché de l’ARCEP.

Au total, le groupe Iliad-Free affiche 4,8 millions d’abonnés haut débit dans sa base.

(1) : Résultat opérationnel courant : différence entre le chiffre d’affaires et les coûts liés à la fabrication des produits, à leur distribution, à leur vente et aux amortissements des investissements de l’entreprise
(2) : EBITDA (Earnings before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization) : revenus avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions. Equivalent EBE (Excédent brut d’exploitation) en comptabilité anglo-saxonne. Indicateur du résultat du processus d’exploitation de la société pour mesurer sa rentabilité opérationnelle (au jour le jour). La marge EBITDA constitue le ratio EBITDA/chiffre d’affaires.

Free Mobile : “succès du lancement commercial” et c’est tout pour le moment
Le groupe Iliad ne précise pas le nombre de clients récupérés avec le démarrage fracassant de Free Mobile. Mais l’ARCEP et les opérateurs concurrents évoquent une fourchette d’entre 1 et 2 millions de clients conquis dans la première vague. Free Mobile se montre ravi que l’autorité de régulation des télécoms ait validé à deux reprises (novembre 2010, février 2012) le respect de l’engagement de couverture du groupe télécoms. Malgré les polémiques qui subsistent sur la manière de réellement évaluer la couverture. Free Mobile a installé un millier de sites (plan de déploiement X6 à terme afin de couvrir 90% de la population à l’horizon 2018). Iliad-Free est également engagé sur le front de la 4G. En octobre 2011, elle a acquis une licence très haut débit mobile (20 MHz dans la bande 2,6 GHz) pour 274,5 millions d’euros. Le groupe télécoms de Xavier Niel compte lancer ses premiers services commerciaux 4G début 2013, comme ses concurrents.

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