Free n’aime plus la pub. Reste à savoir vraiment pourquoi.

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Une récente mise à jour de la Freebox bloque par défaut la publicité aux abonnés Free. Signe de tension avec Google ? Un nouveau coup d’éclat signé Xavier Niel ? Le gouvernement attend des réponses prochainement.

La publicité en ligne sera-t-elle définitivement bannie chez Free ? On a vraiment du mal à le croire.

Une récente mise à jour logicielle du boîtier serveur de la Freebox Révolution bloque par défaut les bannières et autres liens publicitaires.

Un service, proposé par le FAI « en mode bêta », permet le blocage des publicités sur les périphériques connectés à la box en Wi-Fi ou Ethernet, selon Freenews.fr.

Face au risque d’effondrement de start-up qui basent leur modèle économique sur la publicité, Fleur Pellerin préfèrerait que cette fonction automatique sur la Freebox devienne optionnelle.

La ministre de l’Economie numérique prend le dossier en main et invite les parties prenantes dès le lundi 7 janvier à s’expliquer et à trouver un consensus.

« Je comprends que certains sites, qui proposent des contenus ou des services gratuits en les finançant par la pub, s’inquiètent pour leur survie », précise la ministre dans une interview accordée au Figaro.

« C’est pourquoi je reçois lundi Free, les éditeurs et les régies publicitaires pour trouver un compromis dans les plus brefs délais. »

Une patate chaude pour Fleur Pellerin alors qu’elle compte organiser une table ronde sur le thème de la neutralité de l’Internet (voir encadré sous l’article) prévue le 15 janvier prochain à Bercy. Deux dossiers qui pourraient bien avoir un lien.

L’internaute doit donc être libre de choisir son mode de connexion. Free affiche plus de quatre millions d’abonnés haut débit. C’est un poids non négligeable en termes de volumes de sessions Internet.

Comment interpréter cette initiative de filtrage publicitaire (qui resterait partielle) du groupe Iliad ? Selon plusieurs experts, elle servirait à mettre pression Google qui vit essentiellement de la manne publicitaire.

Mais, en coulisse, Free et YouTube se battent sur la question de l’acheminement des contenus vidéo vers les clients du FAI et la consommation de la bande passante.

Entre concurrence et coopération… Google reste le moteur de référence sur le portail grand public de Free.

Plus globalement, ce blocage publicitaire serait l’illustration de la volonté du groupe de Xavier Niel de pousser les fournisseurs de contenus à financer les infrastructures réseaux.

Ce n’est pas la première fois qu’un FAI prend une mesure aussi radicale de filtrage. C’était même devenu un argument marketing !

Rappelons l’existence d’un FAI « garanti 100% zéro publicité » qui avait émergé au début des années 2000 de manière éphémère : le bien nommé NoPub.com, édité à l’époque par la société Europe Explorer (filiale de Jet Multimédia).

Plus récemment, ce sont les navigateurs Internet qui s’étaient distingués dans cette vision « no pub ».

Ils proposent des fonctions « no track » (non suivi publicitaire pour virer les cookies) ou des modules complémentaires pour zapper la publicité lors des sessions de surf.

C’est le cas de Firefox, édité par la Fondation Mozilla, qui propose aussi un add-on AdBlock.

Dans tous les cas, Xavier Niel, dirigeant fondateur d’Iliad-Free, a voulu provoquer un coup d’éclat mais il n’a pas encore expliqué pourquoi il « pousse le bouchon aussi loin ».

Mais, pour le FAI trublion, l’année 2013 démarre en trombe.

Une atteinte à la neutralité du Net ? FDN dit non
Free porte-t-il atteinte à la neutralité du Net en filtrant la publicité ? French Data Network répond par la négative. Dans une contribution blog, Benjamin Bayart, Président du FAI alternatif, considère que « le filtrage n’est pas fait par le réseau, mais par un équipement de périphérie (Freebox Revolution Server) ».
Tout en poursuivant : « Les abonnés qui utilisent leur propre modem ADSL, en lieu et place du Frinitel [Freebox considéré comme un Minitel 2.0 par FDN, NDLR] officiel, ou ceux qui utilisent tout simplement une version plus ancienne, ne sont pas touchés. Ergo, ce n’est pas le réseau qui filtre. »
Ce serait plutôt une atteinte « à la neutralité des intermédiaires techniques ». Acceptable si cela reste sous le contrôle de l’utilisateur, selon Benjamin Bayart.
A propos du filtrage publicitaire, le représentant de FDN croît connaître son mode de fonctionnement : « filtrage des noms de domaines des régies publicitaires et renvoi vers un serveur web particulier chez Free qui sert des pages blanches au lieu des publicités ».

A lire en complément : Outbrain s’insurge contre l’embargo publicitaire de Free (04/01/13)

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