French Tech : au-delà de la vitrine, quels ponts avec le business et l’emploi ?

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Le gouvernement cherche à monter des passerelles entre les start-up, l’industrie et les leviers de financement. Avec le CES qui s’ouvre, Axelle Lemaire en charge du numérique aborde les enjeux.

C’est le principal enjeu de la French Tech. Comment transformer la promotion du savoir-faire numérique en France en un véritable outil opérationnel en faveur de l’innovation en France ?

Dans un entretien accordé aux Echos en lien avec l’ouverture du CES 2015 à Las Vegas, Axelle Lemaire affiche son intention de dépasser le stade « French Tech, vitrine technologique » pour développer les relations entre start-up et grands groupes. La secrétaire d’Etat au Numérique évoque l’élaboration « d’une charte de référence » en la matière.

Une initiative qui s’inscrirait dans le prolongement du partenariat CIGREF – Syntec Numérique visant à « développer les relations entre les PME du numérique et les grands groupes français » (renouvelé en novembre dernier). Axelle Lemaire veut aussi inciter l’essor du corporate venture ou le financement de start-up en provenance des industriels déjà bien implantés.

En fin d’année dernière, à travers un amendement gouvernemental au projet de loi de finances rectificative pour 2014, elle avait soutenu « un régime fiscal incitatif au développement du capital investissement d’entreprises (corporate venture) ». Objectif : mobiliser 1 milliard d’euros pour le financement des start-up d’ici 2017.

« Nous travaillons aussi à la création de fonds de fonds au niveau paneuropéen. La BPI va enfin opérer un fonds dédié au développement des accélérateurs de start-up », confirme Axelle Lemaire. Lors de la dernière session LeWeb Paris, Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance, avait aussi évoqué la création de ce nouveau fonds doté de 200 millions d’euros et dédié à l’amorçage de start-up.

A l’image d’un Small Business Act dont les débats font figure de serpent de mer en France et en Europe, la secrétaire d’Etat au numérique cherche aussi à développer l’accès des start-up aux marchés publics. Là aussi, cette volonté d’ouverture pourrait rimer avec simplification administrative. Pour cela, le gouvernement s’appuie sur le service Marché public simplifié (MPS).

Ce dispositif, qui permet à une entreprise de répondre à un marché public avec son seul numéro SIRET, a fait l’objet d’une expérimentation en avril 2014 pour des appels d’offres inférieurs à certains montants.

Le système est généralisé à partir du 1er novembre selon le site officiel Modernisation.gouv.fr dédié à la réforme de l’Etat : il est désormais ouvert à tout appel d’offres public, quel qu’en soit le montant. Il propose aussi un dispositif inédit de recueil de consentement dématérialisé des cotraitants dans le cadre de réponses groupées.

Comment renforcer l’image et l’attractivité de la France à l’international ? Axelle Lemaire pourra s’appuyer sur Business France, une nouvelle entité issue de la fusion entre Ubifrance (qui accompagne les entreprises françaises dans leur expansion internationale) et l’Agence française pour le développement international des entreprises (Afii, qui soutient l’implantation des entreprises étrangères en France).

Il ne faut pas oublier l’enjeu principal du numérique « au coeur de la politique économique que je veux conduire », selon Emmanuel Macron, qui avait accordé un entretien à l’AFP à la fin de l’année dernière. « Aujourd’hui la moitié des créations d’emplois en France proviennent des start-up de ce secteur, c’est un de nos secteurs d’excellence, que ce soit dans le logiciel, les jeux vidéo ou l’internet des objets, et c’est l’un des leviers de la prochaine révolution industrielle. »

Dossier spécial ITespresso.fr : Open Innovation : Passerelle entre start-up et grands comptes

Revoir la vidéo de Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance

 

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