Fusion : AMD finalise l’acquisition d’ATI

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AMD débourse 5,4 milliards de dollars pour intégrer les technologies et
équipes du constructeurs de processeurs graphiques et chipset ATI.

“Nous avons fait ce que personne dans ce secteur industriel n’a pu faire “, déclairait Phil Hester, le responsable technique (Chief Technology Officer), mardi 24 octobre 2006, dans le cadre d’une journée de présentation à la presse. La raison de son enthousiasme? AMD vient officiellement d’annoncer l’acquisition d’ATI. Ce rachat était attendu depuis que le fondeur de Sunnyvale avait lancé une OPA amicale sur le constructeur de puces graphiques. Le montant de l’acquisition s’élève à 5,4 milliards de dollars dont 4,3 milliards au comptant et 58 millions d’actions AMD distribuées aux actionnaires d’ATI. Pour monter à bien l’opération, AMD a emprunté 2,5 milliards de dollars auprès de Morgan Stanley (Morgan Stanley Senior Funding, Inc.).

L’acquisition d’ATI entraîne sa disparition en tant qu’entité, comme on peut déjà le constater sur son site web qui pointe désormais directement sur un sous-domaine de celui d’AMD. Ce dernier n’en conserve pas moins les marques du constructeur graphique. Les jeux de composants ATI destinés aux plates-formes Intel et les puces graphiques Radeon resteront commercialisés sous leurs marques respectives.

L’arrivée d’ATI dans le giron d’AMD entraîne la réorganisation de la structure. Les réseaux de ventes vont s’unifier à l’échelle mondiale et les équipes de développement vont fusionner, ainsi que les divisions des supports techniques. Dans un premier temps, le nouveau AMD visera à élargir sa clientèle en s’attaquant aux marchés grands publics des consoles de jeux, téléphones mobiles, écrans de télévision numérique et autres terminaux mobiles embarqués que motoriseront les processeurs graphiques et chipset d’ATI.

Dès 2007, AMD proposera une nouvelle génération de plates-formes processeurs/chipset AMD/ATI en direction des constructeurs de PC. Modulaires et ouvertes, ces nouvelles solutions seront configurées pour répondre aux différents besoins : usage général, traitements des données, calculs graphiques, gestion vidéo… La première intégration devrait bénéficier au “4×4”, le processeur Opteron quadri coeur attendu dans le courant du premier trimestre 2007. Si AMD est convaincu du bénéfice que le client final tirera de ces intégrations, le fondeur n’en continuera pas moins à laisser le libre choix à ses partenaires intégrateurs. Autrement dit, les composants nVidia et VIA resteront les bienvenus.

Mais l’avenir est au processeur graphique (GPU) intégré au processeur central (CPU) selon AMD. Une intégration dans une même pièce de silicium aujourd’hui permise avec la réduction de la taille de gravure des transistors (AMD abordera la gravure en 65 nanomètres début 2007). Cette puce tout-en-un visera à renforcer les performances globales en tirant à la fois partie des puissances de chacun des processeurs et en supprimant les goulets d’étranglement aujourd’hui inhérent à la communication nécessaire entre les deux éléments. AMD vise le petaflops (soit un million de milliard d’opérations par seconde)* par socket pour 2010. Les premières puces du genre sont attendues fin 2008 début 2009. “Le débat processeur graphique contre processeur principal arrive à son terme”, selon Bob Debrin, responsable technique chez ATI.

En se dotant des moyens de fournir à ses partenaires des plates-formes complètes processeurs/chipset, AMD vient piétiner les plates-bandes d’Intel… que la vente de solutions graphiques intégrées aux jeux de composants place comme le numéro un mondial des constructeurs graphiques. Du coup, le numéro deux des processeurs graphiques nVidia se retrouve bien isolé entre les deux mastodontes. Si le constructeur des nForce continuera à fournir les constructeurs en chipset AMD comme Intel, ses parts de marchés risquent néanmoins de s’éroder face à la concurrence (notamment tarifaire) que risque de se livrer les deux fondeurs sur les plates-formes intégrées. Il serait alors logique qu’Intel étudie le rachat de nVidia. Et les spéculations dans ce sens ont démarré à Wall Street, comme le rapportait Silicon.fr début octobre. Mais il serait douteux que les autorités anti-trust américaines autorisent un tel rapprochement. Il restera à voir comment nVidia se positionnera dans le nouveau paysage concurrentiel.


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