Galileo : cette fois-ci, c’est la bonne ?

Mobilité

Le Parlement européen a contribué à relancer le projet de système de navigation par satellite. Il a failli capoter, faute de consensus sur le mode de financement.

Jacques Barrot, commissaire européen aux Transports, avait mouillé sa chemise sur ce dossier. Ses efforts ont été récompensés. Le 23 avril, le Parlement européen a validé en session pleinière le système de navigation par satellite destiné à s’affranchir du leadership américain (avec le GPS). Un vote quais-unanime. Début avril, un consensus a été trouvé avec les Etats-membres sur les normes de sécurité et les règles de passation de marché.

D’ici l’été, la Commission européenne et l’Agence spatiale européenne compte lancer les appels d’offres à l’industrie en vue de signer des contrats “avant la fin de l’année”. Ils seront divisé en six lots : satellites, lanceurs, logiciels, relais au sol, centres de contrôle, gestion de l’ensemble. Chaque lot sera attribué à un chef de file industriel, obligé toutefois d’en sous-traiter 40%.

L’origine du projet Galileo remonte à huit ans. Il avait démarré sur une approche de partenariat public-privé qui s’est révélée inefficace au bout du compte, faute de consensus entre les acteurs impliqués (AENA, Alcatel, EADS, Finmeccanica, Hispasat, Inmarsat, TeleOp et Thalès).

Mi-2007, c’est l’impasse. La Commission européenne s’oriente vers une recherche de solution alternative de modèle. Une démarche qui porte ses fruits : le projet sera sauvé avec un financement à 100% sur fonds publics. L’investissement global s’élève à 3,4 milliards d’euros. Le système européen de radio navigation par satellite devrait être devenir opérationnel d’ici 2013.

Applications multiples

A terme, Galileo devrait constituer est une constellation de 30 satellites en orbite, qui servira à divers secteurs d’activité : téléphonie, à la télévision, à l’aviation ou au transport maritime. Mais l’Union européenne serait prête à étendre ses applications sur des projets spécifiques : services d’urgence, soutiens aux personnes aveugles ou malades d’Alzheimer, gestion des terres agricoles, interconnexion entre télécommunications, électricité et réseaux bancaires.

Naturellement, le projet servira aussi à l’aide à la navigation automobile mais aussi aux explorateurs et aux randonneurs. Ce sont essentiellement des projets civils qui sont mis en avant mais il n’est pas exclu que les forces armées s’y intéressent également. Après tout, le GPS est un projet d’origine militaire apparu lors de la Guerre Froide…


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