Google Suggest gère mal les homonymies au Japon

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Google est condamné à supprimer une liste de mots de ses suggestions automatiques de la version japonaise de son moteur. Un plaignant était excédé de se retrouver associé au nom d’un criminel.

Google est de nouveau sous le coup de la justice à cause de sa fonction de suggestions automatiques…au Japon.

La justice a considéré que Google Suggest (les suggestions automatiques sur le moteur de recherche) causait des dommages irrémédiables à sa réputation.

Selon la BBC, un plaignant se déclare victime d’une homonymie dans ce pays avec un criminel connu.

Du coup, lors d’une recherche sur son nom, Google propose automatiquement d’y ajouter une liste de crimes qu’il n’a pas commis.

L’association à cet homonyme rend difficile pour la victime de trouver un emploi ou un emprunt, “simplement à cause de ces résultats de recherche qui constituent de la diffamation ou une violation de la vie privée d’une personne individuelle ou d’une PME“, assure l’avocat du plaignant Hiroyuki Tomita.

Il précise que “le juge n’a pas demandé à Google de totalement suspendre Google Suggest“, assure l’avocat.

Le tribunal japonais a émis une injonction afin que Google supprime des termes spécifiques de sa fonction de suggestions automatiques.”

Google a tenté de se défendre en expliquant que ces termes sont déterminés automatiquement, sans intervention humaine, et ne pouvait donc constituer une diffamation ou une violation de la vie privée.

Google ne détermine pas ces mots manuellement. Toutes les recherches présentées par Suggest ont été entrées précédemment par d’autres utilisateurs de Google“, se justifie un porte-parole de la société.

Cette défense est celle utilisée à chaque fois par Google, souvent sans succès.

En France, si le moteur de recherche n’a pas à censurer des mots spécifiques, il a été condamné plusieurs fois pour diffamation et injure à cause de ses suggestions.

En février, le tribunal de grande instance de Paris a exigé de Google qu’il cesse d’associer la société Kriss Laure au mot “secte” sous peine d’une astreinte de 2500 euros par jour.

Le 14 décembre 2011, la cour d’appel de Paris a confirmé une condamnation  de la firme Internet de Mountain View, qui devra verser 50 000 euros de dommages et intérêts à l’entreprise Lyonnaise de Garantie pour “injure publique” : la raison sociale de la compagnie d’assurance était associée au mot “escroc” .

Et en septembre 2010, c’était un cas encore plus semblable à l’affaire japonaise : le TGI de Paris condamnait Google pour diffamation.

Le nom d’une personne (restée anonyme) était associé aux mots “viol”, “condamné », “sataniste », « prison » et « violeur ».

Et les cas pullulent en France, dont les très connus Direct Energie ou CNFDI.


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