Google visé par une enquête anti-trust en Europe : l’ombre de Microsoft

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Google veut faire preuve de “transparence dans la limite du possible” avec les autorités européennes. Dans quelle mesure Microsoft pèse dans le lobbying ?

Google apporte les premières briques de son argumentaire, à la suite de l’enquête déclenchée par la Commission européenne à propos de ses pratiques dans la recherche en ligne.

Alors que ses opposants fourbissent leurs armes.

Dans une contribution blog en date du 30 novembre, Google organise sa défense dans un monde “où la concurrence n’est qu’à un clic”.

Susan Wojcicki, en qualité de Vice-Présidente senior pour la gestion des produits, et Udi Manber, Vice-président en charge de l’ingénieurie, reconnaissent le caractère “en rupture” de leur activité.

“Le fait de déranger d’autres compagnies et d’attirer l’attention des autorités de régulation est compréhensible”, commentent-ils.

Google assure qu’il compte répondre à toutes les questions de la Commission européenne dans un effort de “transparence dans la limite du possible”. Mais, cela risque d’être compliqué car “le principe final, c’est le changement constant.”

Accusé de favoritisme dans la présentation des résultats de recherche, la firme de Mountain View tente de se justifier. “Nous construisons Google pour les utilisateurs, pas pour les sites Web (…). Tous les sites Web ne peuvent pas apparaître en première position et même à la première page.”

La question du ranking est au centre des débats. “Il y aura toujours des webmasters qui seront mécontents de leur position dans les pages de résultats. La priorité pour nous, c’est de satisfaire les utilisateurs.”

De son côté, l’ICOMP (acronyme de Initiative for a Competitive Online Marketplace) se félicite de l’ouverture d’une enquête formelle à propos des pratiques de Google en Europe.

Cette organisation internationale, qui regroupe une quarantaine de membres (“entreprises, organisations professionnelles, associations de consommateurs et individus”), a vocation à “encourager la concurrence, la transparence, la protection des données privées et le respect de la propriété intellectuelle”.

Dans un communiqué, elle considère qu’une enquête approfondie “est nécessaire pour faire la lumière sur les agissements de Google”.

“ICOMP espère que les problèmes engendrés par la domination de Google seront examinés minutieusement, en temps utile”, déclare David Wood, Directeur juridique de l’organisation.

“Par exemple, un examen de l’abus de position dominante nécessitera une enquête sur les pratiques de Google en matière d’acquisition de contenu et d’accords avec les partenaires commerciaux.”

Sur le site Internet officiel, il est intéressant de remarquer cette mention : “l’ICOMP est financé par les contributions de ses membres ainsi que par le parrainage de Microsoft”.

Jusqu’où la firme de Redmond s’implique dans le débat européen concernant Google ? Elle est presque partie prenante du dossier compte tenu de la plainte déposée par Ciao.com, rattaché à Bing, le moteur de recherche de Microsoft.


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