Green IT : la navigation Web pèse sur la facture énergétique

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Une enquête menée par le Green Code Lab avec le soutien de l’Ademe illustre l’impact de la navigation Web sur la consommation d’électricité des internautes.

La navigation Web a-t-elle un impact sur la facture d’électricité des internautes ? Les experts du Green Code Lab répondent par l’affirmative.

Leur étude menée en ce sens avec le soutien de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et de l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) est aujourd’hui publiée. Baptisée Web Energy Archive, elle adopte une approche singulière, centrée non pas sur la consommation côté réseau et data center, mais sur les répercussions pour l’utilisateur final.

Sur les quelque 600 sites français évalués en conditions réelles, certains sont beaucoup plus énergivores que d’autres. De nombreux éléments de conception entrent en compte : structure du code, taille des images et des vidéos, dimensionnement de l’infrastructure, nombre de requêtes serveur… Autant de variables que les développeurs intègrent rarement dans leur stratégie.

La consultation des 100 sites français les plus visités génère, pour les internautes, une consommation de 8 gigawattheures par an, soit les besoins de 3000 foyers. Alors que du côté serveur (la partie “émergée” de l’iceberg), les compteurs ne dépasseraient pas 0,58 GWh. En faisant la moyenne de tous les sites examinés, 1000 pages affichées équivaut à 60,42 Wh de consommation, avec de grandes différences entre les meilleurs et les plus mauvais.

La palme écologique revient à Studyrama (http://www.studyrama.com/) avec 3,27 Wh. Marianne (http://www.marianne.net/) apparaît au deuxième rang avec 3,32 Wh, devant le 118 712 (http://www.118712.fr/) et ses 4,52 Wh. Dans la moyenne, on trouve Sud-Ouest (http://www.sudouest.fr/) à 60,14 Wh et 20 Minutes (http://www.20minutes.fr/) à 61,12 Wh. Le bonnet d’âne revient à Leboncoin (http://www.leboncoin.fr/) et ses 3438,57 Wh, suivi par Orange (http://www.orange.fr/portail) avec 3133,04 Wh.

L’utilisation de la mémoire physique (RAM et éventuellement swap) reste un facteur majeur de consommation électrique. En juin 2014, la visite d’une page Web a consommé en moyenne 64 Mo. C’est mieux que le pic atteint en avril 2013 (74 Mo), mais moins bien que les 55 Mo en octobre de la même année. Le Green Code Lab relève par ailleurs d’inhabituelles variations dans la consommation en juin 2014 : l’ouverture de certaines pages a nécessité 45 W de puissance, alors que cette valeur ne dépasse généralement pas les 30 W.

Essentiellement au format JP(E)G (41%) et PNG (38%), les images restent les éléments les plus lourds à charger (1044 Ko en moyenne), devant les scripts (134 Ko). Implémentée sur 39% des sites Web étudiés, la technologie Adobe Flash se révèle elle aussi énergivore. Même constat pour les polices de caractères personnalisées (installées dans 47% des cas), le HTTP sécurisé (6% des connexions) et les systèmes de redirection (1%).

En associant tous ces critères, seul Legifrance (http://legifrance.gouv.fr/) obtient la mention A décrivant un site “écologiquement responsable”. La Caisse d’Épargne (https://www.caisse-epargne.fr/particuliers/accueil.aspx) se distingue en décrochant la seule note B. Les plus mauvais élèves, sanctionnés d’un G, sont Closer (http://www.closermag.fr/) et Sport 24 (http://www.sport24.com/).

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