Hadopi : Éric Walter prend la sortie

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Éric Walter n’est plus le secrétaire général de la Hadopi. L’institution aurait procédé à son licenciement dans un contexte difficile.

Éric Walter aura passé un peu plus de cinq ans au poste de secrétaire général de la Hadopi, cette institution positionnée au coeur de la lutte contre le piratage des oeuvres numériques.

Investi le 1er mars 2010 sous la présidence de Marie-Françoise Marais, celui qui fut entre autres le conseiller TIC de Nicolas Sarkozy a quitté ses fonctions le 1er août 2015. Il a annoncé la nouvelle ce lundi en fin de matinée sur son compte Twitter.

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Sur le site Internet de la Hadopi, la page relative à l’équipe dirigeante a été mise à jour. On y trouve toujours Pauline Blassel, secrétaire générale adjointe depuis janvier 2014. Mais plus de trace d’Éric Walter, dont la mission consistait principalement à élaborer les propositions relatives à l’organisation, au recrutement, aux outils techniques et à la dotation budgétaire des services.

Avant sa nomination en mars 2010, l’intéressé faisait partie du cabinet de Rama Yade, alors secrétaire d’État chargée des Sports. Il s’occupait plus particulièrement des questions liées à la violence sportive et à la protection de l’enfance.

Auparavant, il avait occupé plusieurs postes en lien avec les nouvelles technologies. De 2002 à 2006, en tant que chef du bureau des évaluations économiques et de la société de l’information à la direction du développement des médias dans les services du Premier ministre. Entre 2006 et 2007, comme chargé de mission pour le développement de la société de l’information au ministère de l’Intérieur auprès de Nicolas Sarkozy.

A sa nomination, Éric Walter avait dû user de pédagogie pour expliquer les missions et les prérogatives de la Hadopi au regard du cadre légal. Aussi bien sur les questions de labellisation que de procédure de la commission de protection des droits (CPD) et de dispositif de réponse graduée.

Pour Next Inpact, il s’agit d’un licenciement, décidé fin juillet et donc effectif sans préavis.

L’étude organisée par Éric Walter sur la rémunération proportionnelle du partage ne serait pas étrangère à cette décision : elle a fait monter la colère chez les ayants droit en préconisant la légalisation de nombreux sites illicites en contrepartie de possibles retombées financières.

Un autre discours est ma passé : celui tenu dans Libération à propos de la « carence de l’offre légale ». Les sociétés de gestion ont réagi en envoyant une lettre adressée à la ministre de la Culture Fleur Pellerin pour dénoncer une « communication biaisée » diffusant dans le public « l’idée qu’il n’y a pas lieu de s’opposer au piratage ».

Le départ d’Éric Walter pourrait marquer un tournant dans la stratégie de la Hadopi, à l’heure où le gouvernement commence à douter de son efficacité. Les parlementaires également, à en constater les propositions de réformes faites par les sénateurs et qui pourraient entrer dans le cadre de la loi de finances ou de la future loi Création.

Crédit photo : Robsonphoto – Shutterstock.com


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