Haut débit : l’Avicca suggère un remboursement des NRA en zone d’ombre

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Si l’Avicca se félicite que France Telecom modernise son réseau sur ses fonds propres, elle s’interroge sur les investissements des collectivités, notamment celles qui ont déjà financé des équipements de type NRA-ZO (nœud de raccordement en zone d’ombre).

Le plan de modernisation du réseau de France Telecom fait bondir l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel (Avicca).

Pour rappel, il s’agit pour l’opérateur historique de neutraliser les multiplexeurs, incompatibles avec les équipements DSL et donc raison d’inéligibilité pour de nombreux foyers.

En guise de réaction à cette annonce, l’association rappelle dans un communiqué que c’est “suite aux nombreuses interpellations, aux réponses à toutes les consultations publiques, puis finalement à l’inscription par amendement de ce problème dans la loi de lutte contre la fracture numérique, demandant à l’ARCEP d’intervenir, France Telecom a accepté de traiter une partie du problème”.

Avant d’ajouter qu’un plan en trois ans permettra de réaménager la boucle locale sur les gros multiplexeurs, c’est à dire sur ceux qui sont au-dessus d’un SR, ce qui évitera aux collectivités d’avoir à payer un NRA MED ou un NRA ZO [nœud de raccordement en zone d’ombre] pour ces cas” , explique l’Avicca.

Mais l’action que s’apprête à engager l’opérateur sur ses fonds propres ne semble pas répondre totalement aux attentes des collectivités.

Quid des petits multiplexeurs ?

L’association, dont certains membres ont financé des NRA-ZO sur leur territoire pour shunter les multiplexages, s’interroge sur le devenir des petits multiplexeurs (PCM 11 et PCM 2), qui font l’objet de processus de traitements que l’ARCEP demande d’améliorer.

Sur ce point, il y aurait un problème : pas moins de 260 sites ont été identifiés par France Telecom parmi les commandes de NRA ZO en cours, sur un total de 880 installations restantes.

En d’autres termes, certaines collectivités engagées dans la résorption des zones blanches par le biais d’installation de NRA ZO, vont financer des équipements censés être intégrés dans le plan présenté par France Telecom.

“Selon le rapport de l’ARCEP [sur la montée en débit et qui date de septembre 2010, ndlr], sur les 115 millions d’euros qu’aurait dû coûter cette opération à France Télécom pour 1150 sites, l’opérateur n’aura à débourser que 65 millions (qui seront d’ailleurs répercutés sur la boucle locale cuivre, donc sur l’ensemble des opérateurs)” , résume l’Avicca.

Le communiqué de l’association conclut en évoquant “le retard à prendre en compte cette demande des collectivités a rapporté 50 millions d’euros à FT… Pourquoi ne pas adresser une demande de remboursement ? Le rapport [de l’ARCEP] est muet sur ce point !”.

Les collectivités doivent-elles prolonger la durée de vie de la boucle locale cuivre d’un opérateur privé ?
A l’heure du très haut débit, la question agitera sans doute les débats du TRIP, le colloque organisé chaque année par l’Avicca et qui se tiendra les 18 et 19 octobre à Paris. Les NRA ZO, présentés aux décideurs des collectivités comme remède miracle à la fracture numérique et réelle alternative aux solutions hertziennes (Wimax) ou satellitaires, sont de coûteuses rustines : en moyenne 60 000 euros l’unité pour un nombre assez faible de lignes devenant éligible au haut débit, comme l’expliquait récemment le directeur général d’Altitude Infrastructure dans une interview accordée à Silicon.fr. Qui plus est, ces centraux situés en zone blanche (lignes inéligibles au service DSL) ne sont généralement pas fibrés ce qui ne permet pas la fourniture de services triple-play (IP TV) et l’ouverture à la concurrence dans de saines conditions. SFR s’en est d’ailleurs fait l’écho au point d’attaquer France Telecom fin 2009. D’où l’importance pour les décideurs des collectivités de se demander si en investissant dans un équipement du réseau France Télécom qui ne leur appartiendra pas, ils font un choix judicieux pour l’avenir résolument tourné vers des offres très haut débit concurrentielles…

* Source schéma : ANT


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