Haut débit rural : le fournisseur d’accès Numevia abandonne ses clients en rase campagne

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Quelques mois après les déboires de Wizeo, c’est un autre FAI spécialisé dans les zones peu denses, Numevia, qui lâche ses clients. Et pose la question de la pérennité de ces rustines financées la plupart du temps par les collectivités.

Après les déboires de Wizeo il y a un an (repris au printemps par son concurrent SD Num), c’est au tour de Numevia, un autre petit fournisseur d’accès à Internet spécialisé dans les zones blanches, de se trouver en mauvaise posture.

Active sur le marché du haut débit rural depuis 2006, la société, dirigée par Sylvain Lacaze et qui comptait 6 associés, fournissait des services haut débit hertzien en se basant sur les réseaux d’initiative publique ou en construisant des boucles locales radio avec l’appui financier des collectivités.

Depuis quelques mois, le prestataire semblait traverser une mauvaise passe. Et visiblement, cela s’est confirmé puisqu’il a purement et simplement lâché ses clients si l’on en croit un article du quotidien régional La Dépêche.

“Ce 31 juillet, conformément à sa lettre du 15 juillet envoyée aux communes concernées puis aux abonnés, le fournisseur d’accès Numevia, arrête sa fourniture de service et d’exploitation du réseau d’accès à l’internet haut débit et annonce même sa dissolution et sa liquidation” expliquent nos confrères.

En clair : l’entreprise laisse en plan ses clients situés pour la plupart dans des communes rurales. Parmi ceux-ci, le SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) qui migre vers une nouvelle architecture technique, risque de voir l’une de ses antennes privée de connexion.

“Nous avons la possibilité d’équiper le centre de secours de Cabrerets d’une connexion haut débit par satellite” , indique toutefois Jean-François Galtié, chef des équipements opérations au SDIS du Lot, interrogé par La Dépêche.

Mais le mal est fait et l’arrêt de la fourniture de service de Numevia porte un coup supplémentaire à l’image de ces micro-FAI à taille réduite et à la santé financière fragile.

Le nombre de communes touchées n’est pas connu. Au moins une dizaine dans le sud-ouest et une dizaine d’autres réparties à travers l’Hexagone seraient concernées.

Le bas débit fait souffrir l’économie

Preuve s’il y en avait besoin que notre économie repose désormais sur Internet : les entreprises situées dans les zones qui étaient desservies par Numevia se déclarent directement touchées par la coupure de leur accès.

Les réservations d’hôtels et de chambres d’hôtes sont ainsi impactées. On imagine dès lors les conséquences économiques pour ces structures qui participent au dynamisme d’un territoire.

Pour l’heure, les collectivités concernées tentent de trouver une solution alternative pour parer au plus pressé et ainsi venir en aide à ces sinistrés du haut débit.

A quand un service universel haut débit ?
En France, les communes dépourvues d’accès Internet sont encore nombreuses et tentent d’alerter les pouvoirs publics – parfois de façon décalée – sur les besoins d’une réaction rapide pour harmoniser la couverture haut débit des territoires. Si la montée en débit est un espoir pour beaucoup, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une décision politique comparable à celle prise récemment en Finlande. En effet, début juillet, l’accès à Internet en haut débit (1 Mbit/s au minimum) est devenu un droit fondamental et opposable pour tous les Finlandais.

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