Heetch va s’ouvrir aux chauffeurs pros pour une période de transition

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Heetch compte relancer son service de mobilité nocturne à la mi-mars… avec une offre « mixte » qui comprendra des chauffeurs professionnels.

Mise à jour du 13 mars 2017 à 16 h 34 : une coquille s’était glissée dans le prénom d’Oussama Ammar, cofondateur de TheFamily. Elle est rectifiée.

Heetch renaîtra bientôt, mais ne sera plus le même, au moins pendant un temps.

Les utilisateurs de l’application en ont été informés par courrier électronique.

Sans oublier de saluer la communauté pour ses « innombrables messages de soutien » et sa participation à la mobilisation #GenerationHeetch qui a réuni près de 190 000 internautes samedi dernier*, la start-up annonce un come-back à la mi-mars… avec quelques adaptations.

Il est, en l’occurrence, question d’une « offre mixte ».

Le transport entre particuliers, sur lequel le service de mobilité nocturne a toujours fonctionné, restera d’actualité, mais s’assortira de chauffeurs professionnels.

« [Cela] n’intéressera pas la très grande majorité d’entre vous, mais […] nous permettra de trouver de nouveaux utilisateurs contribuant à la survie de Heetch […] et ses 60 employés », explique la start-up, non sans préciser qu’elle ne pourra « pas satisfaire tous les besoins nocturnes » au regard des modifications effectuées pour se conformer à la décision du Tribunal correctionnel.

Ce dernier a lourdement sanctionné, la semaine passée,  Heetch et ses deux dirigeants, auxquels il est reproché de s’être « délibérément affranchis des principes légaux au nom de la création d’une nouvelle économie ».

Allô la République ?

Du côté de Teddy Pellerin, on maintient que l’activité des conducteurs ne devrait pas, contrairement à ce qu’a estimé la justice, être considérée comme du transport à titre onéreux, « car ceux-ci peuvent uniquement partager une partie des frais annuels liés [à] l’utilisation de leur voiture (moyenne de 1 700 euros par an, soit 35 euros par semaine) ».

Mettant l’accent sur le « caractère optionnel » de la participation aux frais et sur la désactivation des comptes des utilisateurs au-delà de 6 000 euros de revenus par an, le directeur général – et visage médiatique – de Heetch affirme que le jugement « pose une vraie question de société : les nouveaux usages permettent de gagner en mobilité, en sécurité, en liberté et, dans notre cas, sans concurrence qui que ce soit ».

La société en appelle désormais aux candidats à l’élection présidentielle pour se positionner sur cette problématique et « définir un cadre clair et non soumis à interprétation ». Une recommandation au passage : voter un seuil de 5 000 euros de revenus en deçà duquel les acteurs de l’économie collaborative ne seraient pas considérés comme des professionnels.

Une lettre a déjà été envoyée à François Hollande. Y déplorant de ne « jamais avoir été reçu » par le cabinet du président ou de son Premier ministre, Heetch déclare : « L’arrivée de ruptures technologiques sur un marché qui a très peu évolué ces 50 dernières années engendre des réactions épidermiques. […] Nous avons été embarqués, bien malgré nous, dans ce tourbillon ».

* Cette « manifestation virtuelle » a été marquée par l’intervention en direct de personnalités comme Émeric Berco (animateur Skyrock), Oussama Ammar (cofondateur de TheFamily, investisseur de la première heure dans Heetch) ou encore Jean-David Chamboredon (coprésident de France Digitale).


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