Heetch ouvre son capital à Allianz pour peser plus lourd face à Uber

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Allianz entre, via son fonds open innovation géré par Idinvest, au capital de Heetch dans le cadre d’un tour de table de 20 millions de dollars.

Une participation de plus au portefeuille d’InnovAllianz.

Géré par Idinvest Partners, le fonds open innovation du groupe d’assurance entre au capital de Heetch dans le cadre d’un tour de table annoncé à 20 millions de dollars.

Impliqué depuis la levée d’amorçage, Via ID remet au pot, tout comme Alven.

Le fonds Felix Capital, créé en 2015 au Royaume-Uni par le Français Frédéric Court – et qui a déjà investi à plusieurs reprises dans l’économie dite « collaborative », avec Deliveroo, Frichti ou encore La Ruche qui dit Oui – est également de la partie, après avoir emmené le précédent tour de financement au crédit de Heetch.

L’opération avait été officialisée en septembre dernier, pour un montant de 10 millions d’euros.

Heetch revendiquait alors une présence dans 6 villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nice, Bordeaux), ainsi qu’à Bruxelles, Milan et Stockholm.

Il était question d’un lancement dans deux pays supplémentaires avant fin 2017, avec Londres en première ligne.

Sur le terrain d’Uber

Le Maroc est finalement couvert depuis quelques semaines, en partenariat avec 19 syndicats de taxis.

Le Royaume-Uni ne l’est toujours pas officiellement. Pour autant, Heetch affirme son ambition de « devenir, à terme, le Lyft européen », du nom du principal concurrent d’Uber en Amérique du Nord.

« Nous étions sur un marché de niche, on nous a forcé à aller jouer dans la cour des grands », explique le directeur général Teddy Pellerin, en référence à la lourde condamnation* dont la société avait écopé il y a près d’un an et qui l’a contrainte à revoir le modèle d’exploitation de son app de mobilité nocturne.

D’un service basé sur la mise en relation avec des chauffeurs non professionnels, on est passé à deux offres distinctes.

La première à avoir été introduite fut « Le Pro ». Elle avait permis, en mars 2017, de reprendre l’exploitation de l’application Heetch, suspendue des suites de la décision de justice.

Initialement, elle permettait la mise en relation avec des chauffeurs professionnels sur la plage horaire de 20 h à 6 h. Depuis novembre dernier, elle est ouverte en 24/24.

Covoiturage : le flou

La bascule s’est faite parallèlement à la suspension de la deuxième composante de l’offre : « La Base », service de transport entre particuliers introduit en mai et présenté comme du covoiturage courte distance.

Par rapport au service sanctionné par la justice, ce n’est plus le passager qui a la main, mais le chauffeur. Ce dernier renseigne ses lieux de départ et d’arrivée, précise l’indemnité kilométrique demandée et indique s’il accepte ou non de faire un détour.

Déplorant l’absence de réponse claire des pouvoirs publics quand à la conformité de cette offre et redoutant l’ouverture d’une nouvelle enquête par le Parquet sur fond de contrôles répétés des chauffeurs par la police, Heetch avait préféré mettre « La Base » « entre parenthèses » au mois de novembre.

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Non sans appeler à une évolution du cadre législatif, pour ne pas permettre uniquement « l’essor du covoiturage longue distance avec des trajets planifiés à l’avance », l’entreprise avait maintenu son offre hors de France, « où le dialogue et l’ouverture sont davantage possibles ».

La volonté d’aller marcher sur les plates-bandes d’Uber est claire, mais aucun objectif chiffré n’est avancé.

On en reste aux éléments communiqués en septembre : Heetch parlait de 70 000 trajets par semaine (40 000 sur « Le Pro » ; 30 000 sur « La Base » et visait les 300 000 par semaine – dont la moitié hors France – à l’horizon 2019.

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* Pour complicité d’exercice illégal de la profession de taxi, pratique commerciale trompeuse et organisation illégale d’un système de mise en relation avec des chauffeurs non professionnels.

Photo d’illustration : Teddy Pellerin et Mathieu Jacob, respectivement directeur général et président de Heetch


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