Henri Seydoux (Parrot): “Le Bluetooth ouvre de vastes horizons”

Mobilité

Le spécialiste français des périphériques liés à cette technologie sans fil vient d’entrer en Bourse. La sécurité Bluetooth fait l’objet de controverses.

Mercredi matin, Parrot a fait son apparition en Bourse. Désormais, une partie du capital (32,4% exactement) de la société française spécialisée dans le développement de périphériques sans fil Bluetooth est cotée sur le marché Eurolist d’Euronext.

Entre 2004 et 2005, son chiffre d’affaires a bondi de 142 % ( de 33,8 millions d’euros à 80,8 millions d’euros). Un résultat net de 7,7 millions d’euros se dégage du dernier exercice de Parrot (contre 4,2 millions d’euros en 2004).

Son produit le plus connu est l’oreillette Bluetooth pour les terminaux mobiles (850 000 kits mains libres vendus l’année dernière) mais la société française élargit sa gamme de matériel en surfant sur l’essor des réseaux numériques à domicile (home networking).

Sur le front du marché, les nouvelles sont bonnes : Les ventes mondiales de casques et oreillettes Bluetooth pour téléphones portables ont augmenté de 153% en 2005 pour atteindre 33 millions d’unités, et devraient croître de 70% en 2006, selon une étude du cabinet d’études Strategy Analytics. (Interview réalisée le 7 juin 2006)

Vnunet.fr: Pourquoi faites-vous appel au marché public pour développer les activités de Parrot ?

Henri Seydoux : Nous sommes une société technologique avant tout, qui a retenu le modèle du capitalisme californien. Ce modèle est basé sur la technologie, le capital-risque et la bourse. Quand la société garde le cap de la croissance, elle doit continuer à présenter un haut de bilan très sain et offrir une voie de sortie aux investisseurs qui ont financé trois tours de table. Depuis la création de la société, nous avons levé environ 20 millions d’euros.

Si l’introduction en bourse se passe bien, vous allez devenir la première société high-tech du monde du Bluetooth ?

Nous sommes le premier distributeur de produits Bluetooth à franchir cette étape. Certes, il existe des fabricants de chips Bluetooth comme l’anglais CSR.

N’envisagez-vous pas de développer d’autres produits sous une autre technologie de transmission de données sans fil ?

La technologie Bluetooth est suffisament intéressante car elle ouvre de vastes horizons dans le domaine de l’électronique grand public : télévision, PC et téléphonie.

Justement, combien de téléphones mobiles compatibles Bluetooth circulent dans le monde ?

En 2005, on recense 213 millions de téléphones Bluetooth. Fin 2008, on devrait atteindre 890 millions. Une oreillette Bluetooth est écoulée sur cinq téléphones vendues. C’est un marché qui portent désormais sur des millions d’unités.

Quelle est la part des détenteurs de terminaux Bluetooth qui en font vraiment usage ?

Elle donne naissance à de nouveaux usages mais il est difficile de déterminer un réel taux de pénétration. Le Bluetooth est une marque connue et reconnue par 85% des consommateurs de téléphonie mobile en Allemagne et aux Etats-Unis.

Dans quelle mesure le Bluetooth donne-t-elle un avantage compétitif par rapport à d’autres technologies sans fil?

Elle est intimement liée au téléphone mobile. Ensuite, le prix à la connexion du Bluetooth est plusieurs fois moins élevé que le tarif d’accès par Wi-Fi. Enfin, c’est la seule norme sans fil prévue pour des terminaux portables. Cela consomme très peu.

L’une des caractéristiques du Bluetooth est sa moindre portée (environ 10 mètres). Le consortium Bluetooth SIG envisage-t-il d’élargir cette portée ?

Il existe des applications Bluetooth avec des portées de 100 mètres mais elles encore sont rares.

Sa sécurité est souvent remise en cause par des experts IT?

Bluetooth est l’une des premières normes de connectivité conçues avec des niveaux de protection élevés en son noyau. Cela n’a pas été un additif logiciel au-dessus du transport des données. Si votre PC ou votre téléphone est bien sécurisé, on ne court aucun risque. C’est une question de bonne configuration de matériel à l’origine.

Quels marchés de l’électronique grand public vise Parrot avec sa gamme de périphériques de connectivité Bluetooth ?

L’une des grandes nouveautés de cette année concerne le home networking. Parrot réalise la majeure partie de son chiffre d’affaires à partir des applications Bluetooth en voiture. C’est un marché que nous avons initié à partir de 2001. Maintenant, nous scrutons les nouveaux usages du mobiles : appareil photo, player MP3?

Envisagez-vous un partenariat Parrot-iPod autour du Bluetooth ?

Je fais des produits Bluetooth avec tous les systèmes compatibles Bluetooth mais il existe aujourd’hui des adaptateurs Bluetooth pour iPod, eux-même compatibles avec des produits Parrot. A ma connaissance, il n’existe pas de périphérique Bluetooth directe pour l’iPod. Maintenant, je ne peux pas émettre de commentaires particuliers sur les produits Apple. Compte tenu du succès de l’iPod, il est normal que cela passionne le monde de l’électronique grand public et le secteur de la téléphonie mobile.

Vous utilisez des canaux de distribution indirecte pour vendre vos produits. Comptez-vous développer un site marchand pour les commercialiser directement ?

Nous avons pris la décision il y a plus d’un an d’ouvrir des filiales dans les principaux pays de commercialisation (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Etats-Unis, Hong-Kong?). Nous n’avons pas de site propre pour le commerce électronique mais nos produits sont distribués par de nombreux distributeurs et de sites marchands.

Kaspersky vigilant sur le Bluetooth
Kaspersky Lab a publié mi-juin le nouveau rapport dédié à la sécurité sur la technologie Bluetooth (voir document en PDF). Il a été rédigé par Alex Gostev, analyste spécialisé en virologie chez l’éditeur de solutions de sécurité informatique. Cette étude révèle quil est désormais “indispensable dinformer les utilisateurs sur les menaces collatérales liées à lutilisation du standard Bluetooth”. Les sociétés éditrices de téléphones mobiles et smartphones devraient prêter une attention particulière aux problèmes de sécurité consécutifs au développement du protocole Bluetooth et lors de la mise en place de services utilisés via ce protocole.

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