Hollywood s’attaque à son tour à Aimster

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Après l’industrie de la musique, c’est au tour de celle du cinéma d’attaquer Aimster en justice. Les sept principaux studios hollywoodiens réclament pas moins de 150 000 dollars (1,17 million de francs) pour chaque violation de leurs droits. Le logiciel d’échange de fichiers doit aussi faire face à de nouvelles poursuites engagées par un groupe d’éditeurs de musique et de compositeurs.

Aimster doit désormais faire face à un feu nourri de plaintes en justice. Longtemps épargné par les géants, le logiciel de partage de fichiers est poursuivi depuis la fin mai par AOL et l’industrie musicale, représentée par la RIAA (Recording industry association of America) (voir édition du 25 mai 2001). Fin juin, Aimster remportait tout de même une victoire, la justice américaine refusant la requête de la RIAA et d’une quinzaine d’autres entreprises qui réclamaient l’abandon de la procédure engagée contre elles par Aimster. Cherchant à se prémunir, Aimster espère obtenir un jugement stipulant que son système d’échange ne constitue pas une violation des droits d’auteur. Depuis, de nouvelles plaintes ont été déposées. Tout d’abord par un groupe d’éditeurs de musique et de compositeurs (Jerry Leiber et Mike Stoller), puis cette semaine par l’industrie du cinéma. Les utilisateurs du logiciel s’échangent en effet des titres musicaux, mais aussi des films, ce n’est donc pas une surprise de voir arriver parmi les nouveaux plaignants la puissante MPAA (Motion picture association of America) avec sept de ses membres, les studios de cinéma Columbia, Disney, Metro Goldwyn Mayer (MGM), Paramount, Sony, Twentieth Century Fox et Universal. Dans sa plainte, l’industrie du film met en avant le fait qu’Aimster lui cause un préjudice semblable à celui causé par Napster à celle de la musique. Ils réclament pas moins de 150 000 dollars (1,17 million de francs) pour chaque violation de leurs droits. D’après les estimations du nombre de films échangés, le montant total se chiffrerait en centaines de millions de dollars.

“Visez la RIAA”, intime Aimster sur la page d’accueil de son site, à côté de la photo d’une jeune femme un pistolet dans chaque main. La demoiselle serait Aimee, la fille de Johnny Deep, le fondateur du système d’échange. En cliquant sur sa personne, on accède à une page où figurent des liens permettant d’effectuer un don à Aimster pour l’“aider dans [son] combat pour la vie privée”. “Aimster vous offre un service gratuit permettant d’échanger des fichiers par un réseau sécurisé et privé”, indique un court texte. “La RIAA cherche à violer votre vie privée en nous demandant de filtrer ces fichiers. C’est comparable au fait d’ouvrir vos e-mails ou d’écouter vos conversations téléphoniques.” Il va lui falloir ajouter la MPAA à son discours.

Parallèlement, Aimster poursuit les travaux sur sa technologie. Ainsi, depuis le 27 juin, la toute première version bêta pour Mac du logiciel est disponible.


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