Hollywood s’engage dans le tout-numérique

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La mort de la pellicule comme support de travail et d’exploitation est peut-être pour bientôt : les majors hollywoodiennes ont annoncé leur intention de créer un standard pour le cinéma numérique sur lequel reposera l’industrie du septième art. Une révolution à venir.

Dans quelques semaines, une nouvelle date sera à inscrire dans l’Histoire du cinéma. Une date qui, indirectement, annoncera probablement la mort du support celluloïd, notamment 35 mm, tel qu’on le connaît aujourd’hui sous forme de pellicule. En effet, les sept grandes majors hollywoodiennes, (Disney, 20th Century Fox, Metro-Goldwyn-Mayer, Paramount Pictures, Sony Pictures Entertainment, Universal Studios et Warner Bros.) ont annoncé leur intention de créer une société commune chargée de définir les standards du cinéma numérique. Ni le nom de cette société ni celui de son futur dirigeant n’ont été dévoilés.

De la prise de vue à la distribution, le cinéma numérique existe déjà. Pitof a tourné son Vidocq entièrement en numérique et George Lucas a fait de même sur le prochain épisode de la saga Star Wars. Les dessins animés en images de synthèse comme Toy Story ou Shrek sautent eux la phase de prise de vue pour être directement créés sous forme de fichiers informatiques. En revanche, ils sont transférés sur pellicule pour leur exploitation en salles. Car à quelques exceptions près, les cinémas ne sont pas encore équipés de projecteurs numériques. Mais quand ce sera le cas, le modèle de la distribution des films risque d’être profondément modifié. Courts et longs métrages pourront être envoyés par les réseaux informatiques, filaires ou non. Les projections pourraient aussi être déclenchées de manière synchrone par satellite dans des salles vides de tout machiniste. La version et le sous-titrage pourront être choisis d’une séance à l’autre sans avoir à changer de bobine, etc. Outre les fabuleuses possibilités offertes à la production, le numérique devrait générer des économies en termes de distribution. Encore faut-il que les exploitants s’équipent. D’où l’intérêt, au vu du prix des équipements, d’un standard commun à toute l’industrie (ce qui n’est pas le cas du son numérique partagé entre plusieurs technologies dont le Dolby, le DTS et le SDDS).

La pellicule au placard ?

S’il est encore trop tôt pour dire à quoi ressemblera ce standard, il est clair qu’il est voué à remplacer le 35 mm et son actuel support. Et le fait que tous les grands studios de l’industrie du cinéma américain (qui appartiennent tous à des multinationales) s’accordent sur ce point montre clairement le virage pris en direction du tout-numérique. Mais la pellicule a encore de nombreuses années devant elle et le film pourrait survivre dans le domaine de l’archivage. Car, depuis plus de 100 ans qu’il existe, le celluloïd a prouvé sa résistance au temps (avec une petite restauration nécessaire de temps à autre, il est vrai). Ce n’est pas encore le cas des supports numériques âgés d’à peine quelques décennies.


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