La Hongrie met Uber sur une voie de garage

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Uber va suspendre ses activités en Hongrie avec l’entrée en vigueur d’une loi qui impose aux autorités de faire bloquer l’accès à son application mobile.

L’agence de conseil en innovation Fabernovel le souligne dans une étude parue cette semaine : Uber dispose d’un vaste arsenal de techniques pour déployer son modèle à l’international.

En fonction des marchés, la firme américaine se plie aux règles, négocie des partenariats, mène des actions de lobbying, se pourvoit en justice… Mais il arrive aussi qu’elle batte en retraite.

On en aura l’illustration en Hongrie ce 24 juillet 2016, date d’entrée en vigueur d’une loi votée le 13 juin dernier par le Parlement à majorité conservatrice.

Le texte, déposé par le ministre du développement Miklós Seszták, impose à l’autorité de régulation du secteur des télécoms de faire bloquer, par les fournisseurs de services de communications électroniques, l’accès aux plates-formes numériques proposées par des sociétés qui se livrent à une « activité illégale » dans le transport de personnes.

Le projet de loi avait émergé en réponse aux manifestations des compagnies de taxis, auxquelles l’État hongrois accorde des licences qui permettent d’attribuer des courses à des chauffeurs selon certains critères (obligation d’enregistrement des données, dépôt de garantie…) qu’Uber ne respecte pas, selon les défenseurs du texte.

L’entreprise californienne, qui revendique 160 000 utilisateurs et 1 200 chauffeurs fédérés en deux ans d’activité à Budapest, avait d’abord assuré qu’elle ne suspendrait pas ses services, ses conducteurs « [disposant] des licences adéquates » et « [s’acquittant] de leurs impôts ».

Le ton a changé ces derniers jours, comme le souligne Fortune. Les chauffeurs sur place ont été notifié de cette décision qu’Uber espère « temporaire », le temps de trouver un compromis avec le gouvernement de Viktor Orbán.

Les sociétés en infraction vis-à-vis de la nouvelle loi – qui vise aussi à bloquer les sites faisant la publicité des services incriminés – encourent jusqu’à un an de suspension d’activité et des amendes cumulables allant de 50 000 à 200 000 forints (159 à 640 euros).

Cette législation va à l’encontre des recommandations récemment adressées par Bruxelles aux États membres de l’Union européenne, invités à légiférer avec parcimonie les services relevant de « l’économie collaborative ».

La Commission a par ailleurs dénoncé, selon le Financial Times, un « environnement réglementaire instable » en Hongrie, générant l’incertitude chez les investisseurs étrangers. Du côté du FMI, on déplore des « changements de politique imprévisibles » qui grèvent les perspectives de croissance économique du pays à moyen terme.

Crédit photo : focal point – Shutterstock.com


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