Howtank : Priceminister finance sa pépite « click-to-community »

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Les cofondateurs de Priceminister investissent 1,7 million d’euros dans la solution de « click-to-community » développée par trois de leurs anciens employés.

C’est l’histoire d’un projet qui aurait pu se concrétiser chez Priceminister… et qui a finalement pris son indépendance avec le passage du site e-commerce français dans le giron du groupe japonais Rakuten : trois ans après sa création, Howtank boucle son premier tour de table institutionnel (1,7 million d’euros).

Les business angels du Web entrés au capital à l’été 2013 lors de la levée d’amorçage ont remis au pot. Sur la liste figurent deux anciens de Priceminister ayant côtoyé l’équipe fondatrice de la start-up parisienne.

L’opération implique quelques autres investisseurs privés, mais l’enveloppe est, pour l’essentiel, apportée par Kernel Investissement, le fonds de Pierre Kosciusko-Morizet et de Pierre Krings, cofondateurs de… Priceminister.

Avec un modèle économique basé sur le pricing à la performance, Howtank s’inscrit dans une tendance forte sur le secteur e-commerce : le « click-to-community ».

Le principe ? Permettre aux marques d’associer les dimensions du live chat et de la plate-forme communautaire afin de faire de leurs clients des ambassadeurs auprès des nouveaux arrivants. Un concept également exploité en France par des concurrents comme iAdvize et Toky Woky.

Pour Olivier Mathiot, CEO de Priceminister, cette mise en relation des visiteurs avec des utilisateurs expérimentés qui acceptent de partager leur expérience et leurs connaissances au nom d’une marque représente « une façon de considérer le client de manière beaucoup plus unique et personnalisée » ; et d’instaurer une relation de confiance.

A vos marques

Les clients de Howtank – souvent des sites marchands, mais pas que – repèrent les individus les plus attachés à leur marque et leur proposent de répondre, bénévolement ou moyennant contrepartie, aux questions posées par d’autres utilisateurs sur le chat.

Un système d’alertes par hashtags permet d’élargir le canal de discussion à plusieurs personnes. Et aux marques d’améliorer d’autant plus leurs produits (les premiers tests menés sous l’ère Priceminister ont permis la refonte d’un bouton de retrait d’article dans le panier).

Passé la phase de test et de définition du modèle, l’année 2014 a été consacrée à l’évangélisation du marché. « Et il y avait du travail », selon le directeur produit Emeric Teil (qui occupait la même fonction chez Priceminister).

Auchan, BlaBlaCar, Mister-Auto.com, Voyages-SNCF et Weldom font aujourd’hui partie des 40 clients à avoir adopté l’offre de Howtank – sachant que le déploiement n’est pas finalisé chez certains d’entre eux.

La Redoute vient de rejoindre ce portefeuille auquel Howtank propose également, en complément au « click-to-community », une solution plus traditionnelle de « click-to-chat » pour entrer en contact avec le service client de l’enseigne.

Les trois cofondateurs Sébastien Foret (CEO ; ancien directeur des partenariats chez Priceminister), Steven Harel (« Chief community officer » ; ancien directeur du back-office de Priceminister) et Emeric Teil entendent aussi développer une présence à l’international.

La start-up est déjà présente en Allemagne, en Italie, en Pologne et au Royaume-Uni. Mais pas physiquement : elle accompagne simplement des partenaires, comme Voyages-SNCF en territoire britannique.

Ce sera l’un de ses principaux axes de recrutement : trouver des personnes sur place pour mieux comprendre les spécificités de chaque marché. Howtank recherchera aussi des profils R&D pour relever les défis liés à l’intégration de sa solution aux plates-formes de chat existant souvent déjà chez les clients. Bilan : l’effectif devrait, dans les mois à venir, être porté à une quarantaine de collaborateurs.

Tout en reconnaissant qu’il est très difficile d’évaluer le taux de retour sur investissement (« Il faut voir sur le long terme, avec la fidélisation, la construction d’une communauté »), Emeric Teil conclut : « On ne communique pas sur notre rentabilité [mais] on n’avait pas de besoin urgent de faire une levée. Disons que cela nous permet de maintenir notre avance… ».

Crédit photo : ymgerman – Shutterstock.com


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