HP France s’initie à la récupération de matériel informatique usagé

Mobilité

Reportage sur l’initiative “spécial DEEE” organisée samedi dernier par la
branche française du constructeur informatique.

Le 11 novembre, à quatre jours de l’obligation légale du recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE ou D3E), HP France organisait avec la ville de son siège social à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) une journée de récupération de matériels informatiques usagés.

Deux petits chapiteaux sur la place Paul Vaillant-Couturier et un camion rempli au fur et à mesure : l’opération est plus discrète que celle de Dell à Rueil-Malmaison en mai dernier où un parking complet avait été monopolisé. Et pourtant, au final, le résultat sera proche : plus de 10 tonnes récupérées en seulement 8 heures. Les organisateurs espéraient entre 5 et 10 tonnes, l’objectif est atteint !

L’évènement avait été annoncé par voie d’affiches et dans certains médias municipaux de la Communauté d’Agglomération Arc de Seine. Les voitures défilent sur les places de stationnement devant les chapiteaux. Les particuliers sont nombreux à saisir l’occasion qui leur est donnée de gagner de la place chez eux en se débarrassant de leur ancien matériel informatique de toutes marques (ordinateurs, écrans, scanners, imprimantes, etc.).

Alors que normalement les entreprises doivent payer la mise au rebus de leurs anciens outils de travail, quelques PME semblent avoir profité discrètement de l’opération. Ce ne sont pas les responsables de l’association parisienne Ecod’air qui s’en plaindront : posées sur les tables, les machines subissent un examen rapide, tout ce qui est de génération supérieure au Pentium 3 sera révisé et revendu par ses soins, le reste est confié à la société Valdelec pour une destruction et une récupération des matières premières.

Un ordinateur : 22 kg de produits chimiques et 1,5 tonne d’eau

Chez Ecod’air, le travail de remise en état est confié à une quinzaine d’handicapés psychiques afin d’aider à leur réinsertion. Les disques durs sont nettoyés de toutes données antérieures avant d’accueillir de nouveaux logiciels : suite bureautique, antivirus… Grâce à un accord avec Microsoft, le système d’exploitation est un Windows 2000 en règle, et très prochainement Windows XP. Les configurations complètes sont ensuite revendues pour 120 euros à des personnes ayant de faibles revenus, des associations, des écoles, etc. Les professionnels qui confient leurs anciens matériels bénéficient d’une réduction de la taxe AGEFIPH (nota : taxe à payer quand l’entreprise ne respecte pas le quota minimal d’handicapés au sein du personnel).

Une table plus loin, Valdelec explique le sort réservé aux machines plus anciennes. Tout d’abord, les produits polluants sont retirés : le phosphore des écrans, les gros condensateurs, les piles au lithium… Le reste est broyé en usine et les différents matériaux sont isolés les uns des autres, au cours de plusieurs étapes successives. Les plastiques sont transformés en granulés réutilisables. Avec l’arrivée massive des écrans LCD sur le marché, les écrans à tube cathodique arrivent en masse, mais la demande pour leur verre est limitée, contrairement aux métaux. 40 tonnes d’ordinateurs détruits fournissent 1 kg d’or, 200 tonnes fournissent 1 tonne de cuivre. Au cours actuel de ces matières sur le marché, ce n’est pas négligeable, mais insuffisant pour couvrir le coût de recyclage qui doit donc être facturé aux clients.

Hervé Guilcher, responsable environnement chez HP, estime que sa facture annuelle pour l’Europe sera “entre 50 et 100 millions d’euros”. La protection de l’environnement est bien sûr au coeur de ces préoccupations : la fabrication d’un ordinateur nécessite 22 kg de produits chimiques et 1,5 tonne d’eau.


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