IBM recycle les PC pour 30 dollars

Mobilité

Aux Etats-Unis, IBM un programme de recyclage des PC auprès du grand public et des petites entreprises. En France, une telle démarche est encore prématurée, tant dans les esprits que concernant le parc de machines obsolètes.

Le 14 novembre dernier, IBM a lancé, sur l’ensemble du territoire nord-américain, un nouveau service de recyclage des ordinateurs réservé aux particuliers et aux petites entreprises : l’IBM PC Recycling Service. Concrètement, l’utilisateur fait parvenir, via UPS, son vieux PC à Envirocycle, un centre de traitement qui recycle le matériel dans un souci du respect de l’environnement et récupère les pièces encore opérationnelles pour leur donner une nouvelle jeunesse dans des ordinateurs remis à neuf. Lesquels sont ensuite distribués gracieusement à des oeuvres caritatives. Cette notion de don n’enlève rien aux coûts de ce service de débarras facturé 29,99 dollars (environ 230 francs) à l’expéditeur. A noter que le service n’est pas exclusif et toutes les marques de PC sont acceptées.

Une image de marque liée à l’environnement“IBM développe une image volontariste comme précurseur du respect de l’environnement”, explique Julien Ghez, directeur de l’environnement chez IBM France. “Le logo de la société est gravé sur toutes nos machines et nous n’avons pas envie de le voir trôner au milieu des décharges sauvages.” Un souci de l’image de marque qui passe par celui de l’environnement. Depuis 1985, IBM a recyclé plus de 1,5 million de composants informatiques et traité près de 12 000 machines à bout de souffle par semaine.

Si les opérations de récupération du vieux matériel sont fréquentes en entreprise (à l’occasion notamment du renouvellement du parc informatique), un tel service dédié aux particuliers n’est pas à l’ordre du jour en France. Pas plus chez IBM que chez ses concurrents. “En France, nous ne sommes pas prêts à payer pour ce type de service”, estime Julien Ghez. Mais surtout, le parc informatique des particuliers francophones est loin d’égaler celui des familles américaines dont les premiers PC ont quelquefois plus de 20 ans. “Une famille française qui a déjà un voire deux ordinateurs à la maison ne cherchera pas à s’en débarrasser à l’occasion de l’arrivée d’une troisième machine.” Une pieuse conservation que l’arrivée des kits réseaux à domicile ne pourra que mieux justifier.

Le pollueur paiera

Si ce service de recyclage-débarras ne se justifie pas encore dans l’Hexagone, une directive européenne sur les “déchets d’équipements électriques et électroniques” (DEEE) est cependant en cours de discussion à Bruxelles. Son application, qui doit entrer en vigueur en 2005 au plus tard, obligera les constructeurs à supporter les frais de recyclage des machines dont l’organisation du ramassage devrait être assurée par les municipalités. “Conformément au principe du pollueur-payeur, les producteurs doivent organiser et financer le traitement, la valorisation et l’élimination des déchets”, précise le texte du projet. Des surtaxes qui seront, au final, supportées par le consommateur. Si c’est là le prix à payer pour conserver un environnement propre…

Pour en savoir plus :

Le projet de directive européenne


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