iLife, un succès assuré ?

Mobilité

La suite logicielle iLife nourrit les espoirs des revendeurs. Ces derniers prédisent en effet un joli succès au puzzle numérique qui réunit les dernières versions des iApps d’Apple, iMovie, iTunes, iDVD et iPhoto. Dorénavant en mesure de communiquer les unes avec les autres comme de fonctionner de façon totalement indépendante, elles apportent un vrai plus au Mac. Attention, toutefois : des lourdeurs fonctionnelles sont annoncées…

Toutes livrées en standard sur les nouvelles machines, disponibles en téléchargement gratuit pour trois d’entre elles (iTunes 3, iPhoto 2 et iMovie 3), sous peu dans les bacs des revendeurs sous l’appellation iLife ( iDVD 3 en sus), les nouvelles iApps ont été présentées lors de la dernière Macworld. Musique et sons pour iTunes, gestion des photos numériques avec iPhoto, montage vidéo sous iMovie et gravure de DVD vidéo grâce à iDVD, la suite s’affiche comme un outil complet à vocation audiovisuelle. Nouveautés : les quatre logiciels communiquent entre eux sans qu’il soit nécessaire de les lancer indépendamment et s’enrichissent les uns les autres, un plus totalement Mac (voir édition du 18 juillet 2002). Le principe d’iLife est simple : mettre à disposition de chaque iApp les médias gérés par les trois autres. Une de leur force est la gratuité. Seul iDVD 3 n’est pas téléchargeable et demeure payant pour ceux qui ne l’obtiennent pas lors de l’achat d’un nouveau Mac. Vu le coût de la technologie sur laquelle il repose (encodage MPEG-2), cela paraît naturel. C’est donc iDVD 3 qui motive l’acquisition du pack iLife. En revanche, maintenant qu’il est devenu un vrai produit commercial, on comprend moins encore qu’Apple limite sa compatibilité aux seuls SuperDrive intégrés aux Mac (son utilisation est impossible avec les graveurs de DVD externes).

Les iApps s’améliorent notablement. iPhoto 2 permet dorénavant quelques retouches de photos numériques et simplifie la gestion des albums grâce à une interface plus claire. En outre, son accès direct aux listes de lecture d’iTunes autorise la réalisation de diaporamas musicaux, un système de préécoute permettant le choix des morceaux. On grave d’un clic les photothèques, sur CD bien sûr, mais également sur DVD grâce à un lien direct avec iDVD. iMovie 3 gagne, lui, une interface assortie à celle de ses trois compères, nombre d’effets spéciaux, mais aussi et surtout des fonctionnalités permises par iTunes et iPhoto : un banc titre capable d’utiliser les images d’iPhoto et l’accès aux musiques gérées par iTunes pour les illustrations sonores. De plus, le logiciel de montage sait dorénavant placer des marqueurs sur le film afin de réaliser un chapitrage qui sera repris par iDVD 3. Pour ce dernier, on note des performances optimisées sur G4, des thèmes permettant la construction de menus de DVD vidéo qui font des petits (24 en tout), des chapitres DVD enfin gérés (voir ci-dessus) et des importations de photos facilitées par l’intercommunication avec iPhoto.

Défauts de jeunesse ?

iLife est attendu en France entre début et mi-février (à 58,60 euros). De ce que l’on a pu en voir, il semble que sa localisation ne soit pas encore parfaite. Même si le confort apporté est indéniable, il arrive en effet que les logiciels renvoient ponctuellement des textes non traduits lorsqu’ils sont appelés via l’interface de leurs “collègues”. De plus, il semblerait que l’interaction des applications ralentisse le Mac dans certains cas de figure (ouverture de bibliothèques lourdes de plusieurs milliers de fichiers), particulièrement quand d’autres logiciels tournent en tâche de fond. L’utilisation du XML, grand consommateur de ressources, et l’absence de centralisation des données semblent en être la cause. C’est ce qu’indique Scot Hacker du réseau O’Reilly, qui a noté des temps morts lorsqu’une iApp accède aux données des autres ! Qu’en sera-t-il alors, les années passant, quand ses bibliothèques auront pris de l’embonpoint ? D’ici là, d’autres machines plus puissantes auront vu le jour, me direz-vous. Cela n’empêche : sur l’actuel parc de Mac et si ces observations se vérifient, iLife risque de faire monter la pression chez les utilisateurs. Solution ? La consolidation de tous les médias et de toutes les informations dans une base de données centralisée. Elle seule permettra la gestion des milliers de gigaoctets nécessaires au style de vie numérique qu’Apple nous promet !


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