Innovation : l’Afdel met en exergue l’inadaptation des financements publics

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Selon l’Afdel, les éditeurs du secteur des logiciels en France trouvent les aides publiques à l’innovation particulièrement inadaptées à leurs activités.

Même si Nathalie Kosciusko-Morizet a indiqué, lors de la présentation de la dernière édition du Truffle 100, qu’elle réfléchissait à l’intégration d’un volet numérique dans le plan de relance, les éditeurs de logiciels demandent de façon de plus en plus pressante l’instauration d’un plan de soutien à l’industrie du logiciel français.

“Nous avons l’impression que l’industrie du logiciel et le numérique en général doivent se rappeler en permanence au souvenir des décideurs”, a expliqué Patrick Bertrand, le président de l’Afdel (Association française des éditeurs de logiciels) à l’AFP.“On ne [peut] pas en rester au sauvetage des économies traditionnelles”, a-t-il ajouté.

Pour dynamiser durablement ce secteur, les aides publiques sont un atout majeur. Mais une récente étude conduite par l’Afdel ,en partenariat avec le cabinet PNO France, dévoile que pour 66% des 101 sociétés françaises éditrices de logiciels interrogées, les financements publics disponibles ne sont pas adaptés au secteur du logiciel.

Des aides existent, mais elles restent méconnues et trop restrictives

Considérées comme particulièrement inadaptées à leur secteur, les acteurs du monde du logiciel y ont donc très peu recours. Ces aides à l’innovation existent pourtant, à travers par exemple l’établissement public OSEO  – qui s’est spécialisé dans trois secteurs : l’aide à l’innovation, la garantie des concours bancaires et des investisseurs en fonds propres, et le financement en partenariat -, le Crédit Impôt Recherche, le programme cadre de recherche et développement de l’Union européenne (PCRD), ou le dispositif Jeunes Entreprises Innovantes.

Seulement, ces aides ne semblent pas correspondre aux attentes des PME jeunes et innovantes : 30% des entreprises du secteur des logiciels interrogées estiment qu’elles manquent d’informations sur la nature et les conditions de ces financements, 23% trouvent ces aides trop complexes, et 23% d’entre elles constatent qu’elles contiennent un trop grand nombre de restrictions. “Au constat d’un environnement administratif et juridique de plus en plus difficile à appréhender pour les Editeurs s’ajoute le constat d’un resserrement global des critères d’attribution des aides”, déplore Johan Cuypers, le directeur France du cabinet PNO.

Certains industriels du secteur ont déjà décidé de prendre le taureau par les cornes. Mi-mars, la FIEEC, la Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication, a dévoilé un plan de relance technologique, qualifié de “plan de conquête pour les industries à valeur ajoutée technologique”, en demandant à l’Etat de mettre en place un fonds d’investissements doté d’un milliard d’euros pour 2009.


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