Intel mène la course au décodeur Internet

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A l’occasion du Computer Electronics Show à Las Vegas, Intel a présenté ses ambitions pour son prochain “Minitel” Internet sous Linux. En cours de test en France par les Galeries Lafayette, l’appareil devra affronter les modèles d’autres constructeurs misant sur le Web grand public, tels Acer ou Compaq.

Intel brouille les cartes. Difficile en effet de suivre le fondeur qui a toujours présenté ses processeurs haut de gamme comme des atouts indispensables pour accéder aux délices du Web. Et voilà que quelques mois après la sortie du WebTouch d’Alcatel (voir édition du 29 septembre 1999), le salon Computer Electronics Show, qui a débuté ce jeudi 6 janvier 2000 à Las Vegas, donne la vedette à une nouvelle génération de “Minitel” signée Intel capables de téléphoner, surfer sur le Web et d’envoyer des courriers électroniques. Ainsi, le leader des micro-processeurs prévoit de commercialiser à la mi-2000 un PC simplifié doté d’un écran, d’un téléphone et fonctionnant sous Linux. L’engin, évolutif, sera commercialisé à un prix allant de 300 à 700 dollars (1 800 à 4 200 francs) et exploitera un processeur Celeron ainsi que le logiciel de navigation Mozilla actuellement en cours de développement (voir édition du 24 décembre 1999). Il devrait, selon les dires d’Intel, exister une dizaine de versions différentes, selon le type d’écrans (plat ou cathodique), le type de modem (56K, ADSL, câble) ou encore la capacité du disque dur. Voilà qui ressemble furieusement à de l’Easy PC à peine revisité, même si Intel ne donne encore que peu de détails sur les configurations finales. On le voit, Intel est tout de même loin d’abandonner les PC.

Ce “Minitel” Internet américain est actuellement en cours d’expérimentation au Japon chez la filiale télécoms BiGlobe de Nec et aux Etats-Unis chez l’opérateur US West. En effet, les opérateurs télécoms et les fournisseurs d’accès envisagent de proposer à leurs clients ce type d’équipement pour téléphoner moins cher pour les appels longue distance et surfer sur le Web. En Europe, des tests ont lieu en exclusivité en France chez la filiale Laser du groupe Galeries Lafayette, spécialisée dans le commerce électronique. L’appareil sera livré en cours d’année avec un bouquet de services marchands. “Il pourra lire les DVD et permettra l’achat en ligne grâce à un lecteur de carte bancaire”, explique Martine Moran, porte-parole de Laser. Intel assure également une totale compatibilité de ses machines avec les standards du Web (streaming, Flash, Shockwave, etc.)

Le choix de Linux est un véritable camouflet pour Microsoft et son système d’exploitation Windows. Mais le géant du processeur n’est pas le seul à bouder la firme de Bill Gates. Compaq a par exemple signé un accord de licence avec BeOS pour exploiter ce système sur sa prochaine génération de terminal prêt-à-surfer (voir édition du 22 décembre 1999). D’autres constructeurs sont aussi sur les rangs, même si les détails techniques liés à ces appareils ne sont pas forcément connus. Par exemple, le groupe Virgin préparerait un appareil doté d’un écran plat de 10 pouces et d’un clavier sans fil pour surfer sur le Web. Selon le site Cnet il sera distribué gratuitement auprès de 10& 000 clients privilégiés durant la première année. Le seul prix à payer serait celui de l’abonnement Internet, soit 50 dollars (environ 300 francs) par an.

De son côté, Acer a mis au point I-Station, un décodeur Internet qui se branche sur la télévision. Sans écran, disque dur ni lecteur externe, il intègre un modem 56K. Ses limitations l’empêchent d’avoir accès à certaines fonctions utiles, comme afficher des séquences vidéo en temps réel au format RealMedia ou QuickTime. Un terrain déjà empiété par la console 128 bits Dreamcast de Sega. Cette dernière possède un clavier en option, gère le surf et les e-mails mais ne permet pas d’écouter de la radio Internet par exemple.

Cela fait plusieurs années que l’on entend parler de ces appareils connectés au Web et destinés au plus grand nombre. Beaucoup de prototypes ont vu le jour et ont disparu aussi vite. On se rappelle également les performances de vente plutôt moyennes des décodeurs Internet des sociétés françaises Netgem (la Netbox) ou de ComOne (le DomoTV). Toutefois, l’arrivée en force de poids lourds comme Intel changera forcément la donne. D’autant que son annonce suit de près celle de Microsoft et de son Web Companion dont la sortie est prévue pour mi-2000.


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