Intel riposte à l’attaque d’AMD

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Le fondeur réfute catégoriquement les accusations de son rival et se dit prêt à mener cette bataille juridique.

Intel a réagi avec colère, dès le 29 juin, aux allégations d’AMD (voir édition du 28 juin 2005) selon lesquelles il aurait abusé de sa position dominante sur le marché mondial des processeurs pour faire grimper les prix et étouffer la concurrence. Les dénégations d’Intel font suite à une plainte de 48 pages déposée par AMD le 28 juin auprès d’un tribunal du Delaware, Etat dans lequel sont enregistrées les deux sociétés.

Dans une déclaration très directe, Intel indique qu’il se défendra bec et ongles dans cette affaire. « Nous sommes en complet désaccord avec la plainte d’AMD relative aux pratiques commerciales d’Intel et de ses clients », a déclaré un porte-parole du groupe à VNUnet.com.

Excuses et spéculations

« Intel croit en une saine concurrence, qui bénéficie aux consommateurs si elle est rigoureuse. Face à notre succès, AMD a une nouvelle fois choisi d’attaquer en justice avec un dossier rempli d’excuses et de spéculations. » »Intel contestera vigoureusement la dernière plainte d’AMD et s’engage à remporter ce procès. »

Lors de la conférence de presse d’AMD de la nuit dernière, le directeur administratif Thomas McCoy a donné plus de détails sur les allégations et les plans d’AMD. Il a qualifié cette affaire de « procédure antitrust massive et globale » et affirmé qu’AMD était exclu du marché par Intel, bien que disposant d’une technologie processeur supérieure.

« 100&% de contrats exclusifs ne peuvent relever de la coïncidence. Ne pas pouvoir travailler avec Dell, Sony et Toshiba nous coupe d’un tiers du marché mondial des portables et de la moitié du marché américain des ordinateurs de bureau », a déclaré Thomas McCoy. « Les consommateurs sont lésés car on les fait payer trop cher et on leur refuse le droit fondamental du marché libre : celui de choisir eux-mêmes. »

Un long procès en perspective

Diamond, principal conseiller juridique externe d’AMD, a souligné le fait qu’il avait fallu 18 mois pour conclure le procès antitrust de Microsoft (voir édition du 6 juin 2005) et qu’AMD tablait donc sur une durée de cet ordre. Il a ajouté qu’AMD demanderait des dommages et intérêts multipliés par trois en cas de victoire, en précisant que cette affaire n’était pas une question d’argent mais l’occasion de « se débarrasser de la forte emprise dans laquelle Intel tient les consommateurs ».

Thomas Mc Coy a également sous-entendu que le procès récemment intenté à Intel par la Japanese Fair Trade Commission (JFTC) constitue un élément positif pour AMD, mais a précisé que ce n’était pas un argument décisif dans cette affaire. Ce point a également fait l’objet d’une vive réplique de la part d’Intel.

« Les déclarations d’AMD sur les récentes actions menées par la JFTC sont inexactes », a déclaré le porte-parole du groupe à VNUnet.com. « Intel a accepté de se plier aux recommandations de la JFTC sur ses pratiques commerciales afin de mettre un terme à ce problème et d’aller de l’avant. Ce faisant, Intel n’a pas reconnu les accusations de l’agence japonaise mais les a en fait réfutées. »

La JFTC a lancé un avertissement à Intel concernant ses activités aux Japon, dans lequel elle lui reproche notamment la mise en place de contrats exclusifs avec des fabricants d’ordinateurs dans le but d’exclure la concurrence. Ce rapport faisait suite à 11 mois d’enquête de la part des autorités japonaises.

(Article traduit de VNUnet.com)