Intel veut accélérer dix à vingt fois l’USB

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Intel, associé à six grands constructeurs, prépare la version 2.0 du protocole série Universal Serial Bus. Dix à vingt fois plus rapide que la version actuelle, elle pourrait cantonner la technologie Firewire au domaine de l’électronique grand public, et s’imposer dans le monde PC.

L’USB (Universal Serial Bus) pourrait bien mériter demain son nom de bus série universel. La version 2 du protocole série que préparent actuellement Intel et six partenaires d’envergure promet en effet des débits suffisants pour connecter tous les périphériques utilisables par un PC. Dans une conférence donnée à l’Intel Developers Forum, Patrick Gelsinger, directeur de la division ordinateur de bureau d’Intel, a annoncé des taux de transfert de 120 à 240 Mbps, soit 10 à 20 fois ceux de la version actuelle !

La version 1.1 d’USB offre aujourd’hui un débit maximum de 12 Mbps. C’est suffisant pour bon nombre de périphériques PC comme les claviers, les souris, les joysticks, les imprimantes ou les scanners mais cela ne permet pas de transmettre les données des disques durs, des caméras haute résolution ou des magnétoscopes numériques.

Avec plus de 200 Mbps, l’USB 2.0 devrait supporter allègrement ce genre d’appareils. Au passage, il devrait sérieusement concurrencer le Firewire, une technologie qu’Apple a lancé sur ses Macintosh en début d’année (voir édition du 12 janvier 1999).

Le Firewire, aussi connu sous le nom d’IEEE1394, offre des débits de 400 Mbps et beaucoup le présentait déjà comme l’interface rapide des PC de demain. Moins rapide, la technologie USB 2.0 aura d’autres avantages.

L’USB 1.1 permet déjà de chaîner jusqu’à 127 appareils entre eux tandis que le Firewire est limité à 63 appareils ; la version 2.0 devrait augmenter encore ce nombre. En outre, il n’y aura pas de problème pour passer de l’USB à l’USB 2.0. La nouvelle norme utilisera la même connectique. Elle offrira une compatibilité ascendante et descendante avec la version 1.1, c’est-à-dire que les périphériques USB 1.1 pourront se connecter sur une interface USB 2.0 et inversement (dans ce cas, le débit restera à 12 Mbps).

Enfin, tandis qu’Intel a déjà annoncé clairement que comme l’USB, l’USB 2.0 ne serait pas taxé, Apple a semé récemment le doute chez les fabricants en laissant entendre qu’il pourrait taxer l’utilisation du Firewire (voir édition du 8 février 1999).

Le match risque donc d’être serré et le Firewire pourrait bien se retrouver cantonner au marché des appareils électroniques grand public et à la plate-forme Mac.

Intel a le soutien de plusieurs géants de l’industrie. Il va travailler avec les trois sociétés qui ont développé la première version de l’USB, à savoir Compaq, Microsoft et Nec. L’équipe de développement s’est aussi enrichie de trois autres poids lourds que sont Hewlett-Packard, Philips et Lucent. Pour ce dernier, il faut savoir que les ports USB supportent les transferts de données asynchrones (à la différence des ports série, parallèles ou SCSI) ce qui les placent en meilleure position pour les outils de téléphonie. Bref, les appareils de téléphonie IP de Lucent pourraient très bien se connecter demain sur le port USB des PC.

Une première version de la spécification 2.0 devrait être disponible avant la fin de l’année tandis que le lancement de la version commerciale est prévue pour l’été 2000.

Pour en savoir plus : L’annonce d’Intel.


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