Intel veut baisser le coût de l’Itanium

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Durement concurrencé par l’Opteron d’AMD, Intel cherche à rehausser l’attractivité de son processeur 64 bits Itanium et annonce plusieurs initiatives.

Intel a réaffirmé son intention de livrer à la mi-2004 un logiciel permettant d’exécuter des applications 32 bits sous Windows sur des serveurs équipés de l’Itanium, son processeur 64 bits. Selon le fondeur, ce logiciel, nommé IA-32 Execution Layer for Windows, permettrait d’exécuter les applications 32 bits avec un niveau de performance, dans un premier temps, équivalent à celui d’un serveur équipé de processeurs Xeon cadencé à 1,5 GHz. A terme, le niveau de performance atteint serait, selon Intel, de l’ordre de 50 à 70% de ce qu’il serait si ces applications avaient été nativement conçues ou réécrites pour l’Itanium. Une version de ce logiciel destinée à la distribution Linux de Red Hat sera disponible ultérieurement. Avec cette initiative, il s’agit bien évidemment pour Intel d’inciter les entreprises à migrer en douceur vers les architectures 64 bits et d’assurer le succès du processeur Itanium, l’objectif affiché étant que ce dernier devienne dès 2005 le premier processeur pour serveur vendu par le fondeur. Outre IA-32 Execution Layer for Windows, Intel travaille à la mise au point de produits et technologies permettant de baisser le prix des serveurs équipés de l’Itanium, de façon à les mettre au niveau, en termes de prix, des serveurs dotés de Xeon. A partir de 2006, ce dernier serait alors peu à peu retiré du marché. Ces déclarations ont été faites le jour même de la publication d’une étude réalisée par IDC dans laquelle le cabinet revoit à la baisse ses prévisions concernant les ventes de serveurs utilisant l’Itanium, du fait notamment de la concurrence du processeur 64 bits d’AMD, l’Opteron.

Des prévisions sans cesse revues à la baisse

Le cabinet d’études prévoit ainsi que les ventes de serveurs Itanium atteindront 7,5 milliards de dollars en 2007, contre 8,7 milliards selon une prévision précédente. Depuis 2000, IDC ne cesse, année après année, de revoir à la baisse ses prévisions de ventes de serveurs Itanium. Ainsi, en 2000, IDC prévoyait-il que ce marché serait de 28 milliards de dollars en 2004. Or, en 2003, Intel n’a vendu que 100 000 processeurs Itanium. Comme un serveur Itanium comprend le plus souvent au moins quatre processeurs et que ce type de matériel se vend au minimum 10 000 dollars, on en déduit aisément que l’objectif est loin d’être atteint. En 2001, IDC ne prévoyait plus qu’un chiffre d’affaires de 15 milliards de dollars d’ici 2005, avant de minorer une nouvelle fois sa prévision à 12,5 milliards de dollars. Rebelote en 2002 : il prévoit alors pour 2006 un chiffre d’affaires de 9 milliards de dollars et table désormais, comme signalé plus haut, sur 7,5 milliards de dollars. La raison de cette dévalorisation du marché de l’Itanium est que ce dernier est, comme on l’a dit, durement concurrencé par l’Opteron d’AMD, dont la caractéristique est de se comporter comme un processeur 32 bits lorsqu’il s’agit de faire tourner nativement des systèmes d’exploitation 32 bits, tels Windows, Linux ou Netware, et de fonctionner comme un processeur 64 bits pour l’exécution ­ conjointement ou non ­ des applications à 32 ou 64 bits avec un système d’exploitation à 64 bits. Il est en outre bien moins cher que l’Itanium mais moins performant. Avec ces dernières initiatives, il semble bien qu’Intel cherche à appliquer les recettes qui font le succès de l’Opteron afin que la part de marché de l’Itanium cesse de se réduire comme une peau de chagrin.


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