Intelligence artificielle : le potentiel sous le prisme des chatbots

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Talent Day 2016 – Lyon: Les chatbots sont exploités dans divers secteurs : banque, assurance ou immobilier. Le potentiel de l’IA est impressionnant au-delà de la vision conversationnelle.

Talent Day est un évènement annuel organisé à Lyon par le pôle de compétitivité Imaginove, centré sur les usages et les contenus numériques.

La tendance qui se dégage de cette édition est le retour des chatbots, ces interfaces utilisateur qui permettent d’engager une conversation avec un agent intelligent.

Ce come-back est dû aux avancées de l’intelligence artificielle (notamment via le deep learning ou réseaux neuronaux) et l’exploitation du big data.

Les chatbots sont remis au goût du jour par des acteurs influents dans le secteur IT comme Microsoft, Facebook, Skype, Slack ou Telegram. Ils permettent de répondre automatiquement à des questions mais l’exploitation demeure supervisée par des hommes pour lever les ambiguïtés.

Olivier Ezratty, expert conseil en stratégies de l’innovation, rappelle l’histoire récente de l’IA, depuis les systèmes experts des années 1980 jusqu’au deep learning et au machine learning aujourd’hui, en passant par les moteurs de règles et la logique floue.

« Dans les jeux vidéos, il est désormais possible de créer des scènes et des personnage imprédictibles, générés par le jeu. »

La reconnaissance vocale et visuelle a connu un bond en avant en 2010 avec une baisse notable du taux d’erreurs révisé à 5,9%.

Ces progrès dans la pertinence des réponses apportées s’expliquent par le recours aux réseaux neuronaux qui permettent une modification dynamique des algorithmes de traitement de données.

En terme de reconnaissance d’image, ils permettent par exemple de reconnaître un chat de race particulière parmi des milliers de photos.

« La reconnaissance d’émotions dans la voix et sur les visages est un domaine sur lequel travaille une start-up américaine comme Affectiva (spin-off du MIT) et quelques autres », évoque Olivier Ezratty.

« Cela permettra à terme de savoir, par exemple, si un conducteur de véhicule est toujours en mesure de tenir le volant en détectant les mouvements des yeux et autres expressions faciales. »

Au regard des progrès perçus dans la conduite autonome, la voiture de demain en mode automatique sera plus sûre que l’homme dans quelques décennies.

Autre champ d’application : la reconnaissance des affects de la voix d’un utilisateur (qui peuvent trahir la colère, la surprise, etc.). Elle ouvre la voie à leur exploitation dans les centres d’appels pour induire des réactions plus personnalisées des conseillers.

Ces progrès doivent néanmoins s’accompagner d’une nécessaire réflexion éthique car si les algorithmes de reconnaissance d’émotions s’améliorent beaucoup, il sera possible d’exploiter ces données intimes à des fins marketing ou pour des usages pointus de surveillance.

Intégrer des réseaux neuronaux sur des puces en silicium

L’objectif des laboratoires publics ou privés comme ceux de firmes comme IBM est de reproduire le fonctionnement du cerveau humain constitué de neurones reliés par des synapses, en d’autres termes de créer un ordinateur synaptique avec des neuroprocesseurs.

Cela consiste à intégrer des réseaux neuronaux sur des puces en silicium, pour les robots et systèmes embarqués pour accélérer les traitements.

C’est l’objectif  de la start-up française Scortex. Le CEA Tech a présenté son PNeuro, un nouveau processeur neuronal, développé avec la société GlobalSensing Technologies (GST). A la clé, une vitesse accrue.

« Alors qu’un Raspberry Pi ne sait traiter que 380 images/seconde, PNeuro peut travailler sur 250 000 images/seconde », précise Olivier Ezratty. « Cela permettra de simuler le vivant, les protéines, etc. »

L’ordinateur quantique est la promesse récurrente d’une puissance de calcul considérable. Même s’il est toujours dans les laboratoires. Certes, la société canadienne D-Wave affirme avoir réalisé un prototype qu’aucun chercheur indépendant au monde n’a pu tester.

Quand à l’ordinateur photonique (ou optique), il est encore dans les limbes et ne concerne que les traitements de signal et d’image.

John Rauscher, co-fondateur et CEO d’Yseop (société innovante dans le domaine du Natural Language Generation), propose un assistant virtuel pour les équipes en contact avec les clients. Il s’agit d’une plateforme d’intelligence artificielle disponible en self-service.

Parmi ses clients figure la Banque Postale qui utilise cette solution sur plus de 10 000 postes. Objectif : aider les conseillers à proposer des solutions aux clients en fonction de leur profil et des nombreux produits bancaire proposés par la banque.

Autre application opérationnelle dévoilée par John Rauscher (un ex-VP d’Oracle) : « La production automatisée de compte-rendus de visites de biens immobiliers en 50 secondes, à partir des données fournie par les agents ».

Dernier témoin de la table ronde : Hoomano crée et déploie des logiciels pour les robots d’interaction, comme Nao et Pepper (SoftBank Robotics).

Son fondateur Xavier Basset temporise les craintes de suppression d’emplois dues aux robots  « Nous parlons de taches supprimés et non d’emplois car les robots devront assister les humains et non les remplacer. »

D’autres experts ne manqueraient d’affirmer le contraire. Les débats passionnés à propos de l’impact de la robotique sur le marché du travail ne manquent pas.


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