Internet fixe : un grand écart de performance en France

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Les disparités à l’échelle de la France en matière de qualité de service sur l’Internet fixe s’illustrent dans le dernier baromètre du GESTE et de Cedexis.

De fortes disparités subsistent à l’échelle du territoire français dans le temps d’accès aux contenus et services en ligne.

C’est l’un des principaux enseignements à tirer du dernier observatoire de la qualité de l’Internet fixe – document PDF, 26 pages – réalisé par Cedexis (spécialiste de l’aiguillage réseau) en association avec le GESTE (Groupement des éditeurs de services en ligne).

Lancé il y a un an, ce baromètre mensuel est fondé sur environ 6 milliards de mesures remontées depuis les sites Web et applications mobiles de 15 partenaires (L’Express, Le Monde, France Télévisions, Mediapart…) qui ont implémenté un script ad hoc*.

L’édition de mars 2015 – l’ultime avant de passer à un rythme de publication trimestriel – est la première à proposer une évaluation des performances région par région, mais aussi opérateur par opérateur.

En tenant compte des cinq principaux FAI impliqués sur l’Internet fixe, on s’aperçoit que les écarts restent importants entre les 10 % de connexions les plus rapides (1,72 seconde de valeur médiane, contre 2 secondes il y a un an) et les 5 % les plus lentes, qui dépassent systématiquement les 30 secondes de chargement.

Au global cependant, le temps de chargement médian s’améliore : il s’élève à 6 secondes, contre 6,4 en mars 2014. La « réactivité » de la Franche-Comté (5,9 secondes) contraste avec la réalité en Bourgogne (7,2 secondes) et en Champagne-Ardenne (7,1 secondes), où Orange et SFR affichent respectivement « des performances moins bonnes », selon le GESTE.

Europe et DOM-TOM

Sur le volet des fournisseurs d’accès, on constate que Numericable, avec ses offres sur réseau optique, affiche un temps médian de chargement inférieur à 5 secondes (4,8 ; stable d’une année sur l’autre) et ne dépasse 25 secondes que sur environ 5 % de ses connexions.

Free (5,8), Bouygues Telecom (6,5) et Orange (6,7) s’en tirent mieux que SFR. La filiale d’Altice affiche une médiane de 7,3 secondes sur son réseau propre et 7,9 secondes sur le réseau hérité du rachat de Neuf-Cegetel. Elle s’en sort mieux dans le centre du pays, quand Free est plus « efficace » dans la moitié sud et Bouygues Telecom dans le nord.

La complexité du facteur géographique s’illustre à travers le retard des départements et territoires d’outre-mer, où le délai d’attente médian monte à 10,8 secondes (12,2 il y a un an), la différence restant proche de 45 secondes entre les mieux et les moins bien servis.

Bien que les contenus étudiés soient hébergés sur le territoire métropolitain, les temps de chargement sont moins rapides en France que dans 14 pays européens. En tête de liste, la Suisse (4,67 secondes), qui devance les Pays-Bas (4,91) et la Norvège (4,96).

Communiqués aux pouvoirs publics dans le cadre du Plan France Très Haut Débit, les résultats de cet observatoire doivent alimenter le développement des infrastructures, mais aussi, du côté des éditeurs, l’optimisation des contenus, dans un contexte marqué par une profusion de l’offre et une consommation multicanale.

* Le tag « Radar » utilise le navigateur pour mesurer le temps de chargement des pages et pour télécharger un ensemble d’objets de référence afin de comparer, du point de vue de l’utilisateur final, les performances des CDN et des plates-formes cloud, publiques et privées.

Crédit photo : hywards – Shutterstock.com


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