Internet français : mieux vaut tard que jamais

Régulations

Le rapport de Jean-François Abramatic, commandé par le secrétaire d’Etat à l’Industrie, met une fois de plus en évidence le retard français en matière d’Internet, mais laisse entrevoir des solutions de rattrapage.

Jean-François Abramatic, président du W3C (World Wide Web Consortium) et directeur de recherche à l’INRIA (Institut national de la recherche en informatique et automatique) vient de rendre un rapport très attendu sur l’Internet en France. Critique, il met en lumière le retard de notre pays au sein même de l’Europe : “Le développement de l’Internet en France a pris du retard par rapport aux Etats-Unis, mais aussi par rapport à la Grande-Bretagne, l’Allemagne , les Pays-Bas, la Scandinavie, l’Australie ou Hong Kong”, explique le président du W3C.

Du côté des foyers, on dénombre 2,5 à 4 millions d’internautes contre plus de 10 millions en Allemagne. Les sociétés accusent elles aussi du retard : seulement un tiers des 1500 grandes entreprises françaises ont un site Web et les noms de domaines français en .fr ou .com ne représentent que 6% des noms de domaines européens contre 25% pour l’Allemagne et 17% pour la Grande-Bretagne.

Dans quelle mesure l’Etat peut-il peser pour combler ce retard ? Le rapport suggère un premier ensemble de recommandations pour accélérer le développement sur le territoire national. Il entend ainsi alimenter un débat, ne prétendant en aucune manière donner les solutions mais plutôt suggérer des voies de travail. D’après Jean-François Abramatic, “les pouvoirs publics doivent avoir une approche originale. Tout d’abord en montrant l’exemple (avec l’administration sur Internet), ensuite en jouant la médiation plutôt que l’autorité et enfin en favorisant des investissements sélectifs”.

Même si la France a des lacunes pour le développements des applications et des technologies, elle possède de sérieux atouts en matière de “plomberie”. La bonne qualité des réseaux téléphoniques français peut participer activement au développement de l’Internet en Europe. Et si l’on regarde les acteurs, la mise en place de l’ASDL (Asymmetric Digital Subscriber Line), qui permet l’accès à haut débit, passe par le grand équipementier français Alcatel. Dans ce contexte, Jean-François Abramatic conseille d’“accélérer le déploiement de l’ASDL en créant les conditions d’un marché concurrentiel”, l’accès à haut débit laissant pour le moment à désirer en Europe.

Bien que le rapport dresse un constat assez alarmant, Abramatic estime que la France a quelques cordes à son arc pour revenir sur ses voisins : des compétences reconnues dans les technologies comme la carte à puce, le codage de l’image, la télévision numérique et des start-ups bien placées sur le marché des nouvelles technologies. D’après lui, la France pourrait rattraper le peloton de tête d’ici 5 ans.

Pour en savoir plus :

* http://mission-dti.inria.fr.


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