Internet et les Français : une relation complexe

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La 2e édition du rapport “Connected World” de Tata Communications illustre la relation fusionnelle que les Français entretiennent avec Internet, quand bien même ils n’en saisissent pas tous les fondements.

Quand bien même ils en méconnaissent globalement les enjeux et les fondements, les Français ont développé une relation fusionnelle avec Internet et seraient prêts à bien des sacrifices pour rester connectés.

C’est l’un des principaux constats établis par Tata Communications dans son rapport “Connected World II” (document PDF, 27 pages), publié ce 1er octobre. La société télécoms d’origine indienne a réalisé un sondage en ligne avec 14 questions fermées pour déterminer comment le Net est perçu à travers le monde. Elle a compilé les réponses de 9417 participants dans six pays : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Inde et Singapour.

En Amérique du Nord comme en Europe et plus encore en Asie, Internet apparaît comme un centre d’action incontournable dans la vie quotidienne de tous ceux qui l’utilisent. Nombreux sont les internautes à ne pas pouvoir se passer d’une connexion : ils sont 64% à “souffrir” de ce que Tata Communications appelle le FOMO, pour “Fear Of Missing Out” ; en d’autres termes, la peur de rater des informations importantes, qu’elles soient d’ordre public ou privé. Le phénomène est toutefois plus marqué à Singapour (78%) et en Inde (82%) qu’en France (62%) et en Allemagne (45%).

Au global, 92% des sondés déclarent passer au moins une heure par jour en ligne. Sur les six pays étudiés, la moyenne s’élève à 5,1 heures. La France se situe en dessous (4,2 heures) tout comme ses deux voisins (4,1 heures en Allemagne ; 4,8 heures au Royaume-Uni). A l’inverse, la durée de connexion quotidienne atteint 6 heures à Singapour et 6,2 heures en Inde.

Les plus sensibles à la déconnexion restent les jeunes : 74% des 15-24 ans et 73% dans la tranche 25-35 ans, contre 60% pour les plus âgés. C’est particulièrement vrai en France (75% des 15-24 ans et 64% des 25-35 ans, contre 60% des plus de 35 ans), bien que les taux restent encore une fois bien inférieurs à ceux relevés en Asie.

Pour un peu d’Internet

Tata Communications aborde aussi la notion de coût d’opportunité : dans quelle mesure l’internaute est-il prêt à sacrifier un peu de son confort en échange d’un accès à Internet ? En France, 27% des répondants se disent prêts à renoncer à un verre d’alcool ; 32%, à une session télé (essentiellement les hommes) ; 18%, à une activité sportive (plutôt les formes)… et 5%, à leur “intimité”.

A l’échelle de la planète, les internautes font preuve d’une certaine connaissance des enjeux médiatisés comme l’exploitation et la sécurité des données personnelles, mais ils ne sont que 51% à savoir qu’Internet est un “réseau de réseaux” sans centre névralgique. Plus des deux tiers (67%) le mettent sur le même plan que le World Wide Web, qui n’en est pourtant qu’une application au même titre que le partage de fichiers ou la messagerie électronique.

Plus on creuse la dimension technique, plus la méconnaissance est grande : les internautes ne sont que 18% à identifier les câbles sous-marins comme le moyen d’interconnexion le plus rapide pour acheminer les données (26% évoquent les satellites orbitaux ; 13% pensent aux ondes électromagnétiques).

Sur la question de la gouvernance, 70% des interrogés (71% en France) estiment qu’Internet est une “ressource partagée”. Près d’un sur dix (8%) imagine qu’il est contrôlé par une société – Microsoft et Google reviennent souvent. Environ un sur six (16%) trouve la bonne solution, en l’occurrence une gouvernance assurée par chaque pays pour son propre compte. Globalement, les femmes semblent plus conscientes de leurs lacunes : elles répondent plus régulièrement “Je ne sais pas”.

Concernant les attentes des consommateurs, elle portent avant tout sur la vitesse de connexion, priorité pour 77% des sondés (76% en France), devant la liberté d’expression (9%) et le développement du e-commerce (5%). Au contraire des pays asiatiques, la France se montre peu sensible à la problématique des villes intelligentes (“Smart Cities”). Dans l’Hexagone, on attend plutôt une adoption massive des appareils électroniques “à porter sur soi” (les “wearables”) et l’automatisation de nombreuses tâches du quotidien.

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